La conversation sur le 11 septembre continue (2)

Publié le par Taïké Eilée

2. Des faits têtus

 
En préambule, voici un bref rappel de l'histoire officielle : l'organisation terroriste Al-Qaida, dirigée par Oussama Ben Laden, a envoyé 19 pirates de l'air détourner quatre avions de ligne pour les projeter sur les Twin Towers de Manhattan, le Pentagone et, probablement, pour le dernier attentat raté, la Maison Blanche ou le Capitole. Les passagers du Vol 93, dans un élan d'héroïsme admirable, s'étant soulevés, ont provoqué le crash anticipé de l'avion et ont ainsi déjoué les plans de leurs bourreaux. Les services de renseignement et le gouvernement américains ont, de leur côté, fait preuve de graves défaillances, puisqu'ils n'ont su ni prévenir, ni interrompre les attaques (en envoyant à temps les chasseurs).

Je ne vais pas énumérer ici les centaines de points qui font question quant à cette version. Ceux qui sont familiers du sujet les connaissent (presque) par coeur ; les autres les trouveront aisément sur d'innombrables sites, plus ou moins exhaustifs et plus ou moins honnêtes (par exemple, ici, , ou ). Sans oublier de consulter les réponses, souvent intéressantes, apportées par les "anti-sceptiques" (comme ici). Je vais me borner à l'essentiel, aux faits (puis aux coïncidences et mensonges) qui me semblent les plus saillants.

Premier fait : l'effondrement de la tour 7 du WTC. C'est, s'il faut en isoler un, le maillon faible de la théorie officielle. Le grand public, en général, ignore jusqu'à son existence. Les journaux télévisés n'en ont jamais parlé, et même le rapport de la Commission d'enquête n'en fait guère mention... Le 11 septembre 2001, à 17h20, ce building de 47 étages tombe sur lui-même, tout droit, à la vitesse approximative de la chute libre. Seuls des experts peuvent nous aider à comprendre la cause de cette chute. En 2002, un rapport gouvernemental de la FEMA [Federal Emergency Management Agency] concluait à ce sujet : “The specifics of the fires in WTC 7 and how they caused the building to collapse remain unknown at this time. Although the total diesel fuel on the premises contained massive potential energy, the best hypothesis has only a low probability of occurrence.” Pas de réponse officielle donc.

Voici, en vidéo, l'avis d'un autre expert (version courte sous-titrée en français, ou version longue sous-titrée en anglais). Il s'agit de Danny Jowenko, et son jugement est sans appel ; c'est une démolition contrôlée. Jowenko fut fort surpris d'apprendre que cet immeuble était tombé, lui aussi, le 11 septembre ; en effet, une opération de démolition contrôlée demande normalement une longue préparation. Notons son trouble et l'insistance avec laquelle il demande qu'on lui confirme la date de cette démolition. On comprend, en effet, que, si l'opération a été préparée avant le 11 septembre, ses instigateurs connaissaient nécessairement le scénario des attentats, incluant la chute des Twin Towers... Ce qui avaliserait l'idée d'un complot interne aux USA. Jowenko croit néanmoins possible la réalisation d'une telle opération en un laps de temps très court, durant la journée du 11 septembre, même s'il a du mal à envisager qu'elle ait pu se dérouler dans un immeuble en flammes. D'après lui, la décision de démolition aurait été prise par Larry Silverstein, le propriétaire du building, pour des raisons financières. Bref, on peut épiloguer sur les motifs de la décision, ou encore sur la possibilité de réaliser une telle opération en quelques heures... mais il semble difficile de nier le fait de la démolition contrôlée du building 7 du WTC. [MAJ : en fait rien n'est sûr, la chute du WTC 7 peut s'expliquer autrement.]

Deuxième fait : les grandes quantités de métal fondu retrouvées plusieurs semaines après le 11 septembre sous les décombres des Tours Jumelles et du WTC7, et que ne peuvent avoir produit (semble-t-il) les seuls incendies. Sans oublier les observations qui ont été faites le 11 septembre même : celles d'une matière jaune-blanche, incandescente, qui s'échappait ou coulait de la Tour Sud peu avant qu'elle ne s'effondre, et qui pouvait faire penser à du métal en fusion, lors d'une réaction "thermite" (la thermite est un mélange d'oxydes métalliques et de poudre d'aluminium, dont la combustion dégage une chaleur intense).

Steven Jones (co-fondateur du mouvement Scholars for 9/11 Truth) est le physicien qui a avancé l'hypothèse de l’emploi d’une sorte de thermite sur les colonnes en acier des Tours Jumelles pour les affaiblir, avant que des explosifs ne finissent le travail de démolition. Retrouvez ici son étude complète "Why Indeed Did the WTC Buildings Completely Collapse ?". Elle a été traduite en français sur le site ReOpen911. Cette lecture, un peu longue, me semble indispensable. A la fin de l'article, Jones met en évidence la "légèreté" avec laquelle a été menée l'enquête officielle du NIST [National Institute of Standards and Technology] ; par exemple, il est dit, dans le rapport même du NIST, que "l'enquête s’est focalisée sur l’ordre des événements depuis l’instant où l’avion s’est écrasé jusqu’à l’amorce de l’effondrement de chaque tour", sans prendre en compte "le comportement structurel de la tour après que les conditions de déclenchement de l’effondrement ont été atteintes…". Autrement dit, le NIST n'a pas étudié l'effondrement des tours lui-même (rapide et symétrique), ni ce qui a pu être observé après (les flaques de métal fondu). Accablant.

Vous pouvez aussi visionner la conférence que Steven Jones donna à l'Université Brigham Young le 1er février 2006. Un bon article lui a été, par ailleurs, consacré ici. De nombreux documentaires (comme celui-ci, sans doute le plus complet) récapitulent enfin l'ensemble des points litigieux touchant les chutes des trois tours. [MAJ : les conclusions de Steven Jones ont depuis été largement remises en question.]

Remarques sur un troisième fait : des explosions ont été entendues par de très nombreux témoins dans les Twin Towers avant leur chute ; elles ont été enregistrées par Rick Siegel. Il semble même que l'explosion qui a été fatale à la Tour Nord ait été "filmée" par Etienne Sauret, dans son film WTC The First 24 Hours. Sa caméra, plantée sur un trépied, a en effet tremblé 12 secondes avant que la tour ne s'effondre. C'est visible sur Loose Change 2 Recut, à la minute 54'16. Mais j'aimerais surtout ici m'attarder sur l'explosion que William Rodriguez (entouré de plusieurs autres témoins) dit avoir entendue dans les sous-sols de la Tour Nord quelques secondes avant le premier crash (voir par exemple ici). On comprend aisément que, si cette explosion-là a eu lieu, à ce moment-là, elle n'a pas été causée par le crash et l'écoulement massif de kérosène jusqu'aux sous-sols de la tour via les cages d'ascenseurs (théorie officielle de la "boule de feu").

Il est entendu que les sous-sols ont été "dégradés" (ou "dévastés", selon les appréciations) ; des témoins en attestent, comme Mike Pecoraro, qui travaillait au 6e sous-sol de la Tour Nord ce matin-là. Lui et son collègue furent d'abord alertés par de la fumée blanche qui s'introduisait dans la pièce où ils travaillaient, ainsi que par une odeur de "kérosène", que Mike Pecoraro interpréta comme un possible incendie de voitures dans le parking qui se situait à un niveau supérieur dans les sous-sols. Les deux hommes décidèrent alors de monter au niveau C, dans un petit atelier de machines, où deux de leurs collègues étaient censés travailler. Ils ne les trouvèrent guère, dans cette pièce enfumée, dont Mike Pecoraro décrivit ainsi l'état : "There was nothing there but rubble" (des décombres). Et d'ajouter : "We’re talking about a 50 ton hydraulic press – gone !" (une presse hydraulique de 50 tonnes détruite). Les deux compères continuèrent leur périple vers le parking, et que découvrirent-ils ? Ecoutons Pecoraro : "There were no walls, there was rubble on the floor, and you can’t see anything". Dévastation est le mot qui convient. En montant encore d'un étage, au niveau B, les deux hommes furent surpris de voir une porte coupe-feu en acier et béton, pesant environ 150 kg, plissée "comme une feuille d'aluminium" et couchée par terre. Mike Pecoraro dit spontanément : "They got us again" (Ils nous ont encore eus), faisant référence à l'attentat de 1993 au WTC. Pecoraro avait alors été témoin de dommages similaires dans les structures du bâtiment. Sa conviction, sur le moment, fut qu'une bombe avait explosé. Il ne savait, certes, pas encore, à ce moment-là, ce qui se passait au-dessus de sa tête... (sources : ici ou pour l'original).

La question est simple : les gros dégâts constatés dans les sous-sols de la Tour Nord du WTC peuvent-ils avoir été causés par le kérosène de l'avion, qui aurait dégouliné jusque-là ? Le témoignage de William Rodriguez, s'il était juste, pourrait suffire à invalider cette idée. Rodriguez, qui se situait au premier sous-sol, assure, en effet, avoir d'abord senti sous ses pieds une énorme "explosion", avant d'en entendre une autre en hauteur quelques secondes plus tard (celle du crash). Bien sûr, William Rodriguez peut être un menteur, ou il peut tout simplement s'être embrouillé dans ses souvenirs... Comment savoir ? Y a-t-il eu des enregistrements, qui auraient pu capter les deux explosions ? Pour ma part, j'en connais deux.

Première source : le film des frères Naudet. Le premier crash se situe à la minute 19'35. On entend bien le bruit qu'il produit ; mais on n'entend rien, ni dans les secondes qui précèdent, ni dans les secondes qui suivent. Rodriguez aurait rêvé ? Deuxième source : l'enregistrement audio réalisé par Jenny Carr, lors d'une réunion d'affaires qui se tenait au 36e étage du One Liberty Plaza. Vous le retrouvez dans Loose Change 2 Recut, à la minute 42'42 ; Dylan Avery s'en sert justement pour introduire le témoignage de William Rodriguez. Car là, on entend bien deux explosions. Séparées de 9 secondes. Rodriguez aurait dit juste ? Pas sûr, et même peu probable. Car en écoutant bien, on se rend compte que la première explosion correspond très vraisemblablement... au crash de l'avion. Un site qui tente de démonter Loose Change présente, en effet, le même enregistrement, mais avec une qualité d'écoute bien meilleure, et l'on entend assez distinctement le premier "boum" précédé du bruit caractéristique d'un avion qui arrive. Il est, en revanche, difficile d'identifier la cause de la seconde explosion. L'enregistrement de Jenny Carr invalide-t-il définitivement le témoignage de Rodriguez, qui veut que la première explosion dans les sous-sols ait précédé le crash de l'avion ? Nous avons vu que l'enregistrement des frères Naudet avait laissé échapper la deuxième explosion ; il n'est pas exclu que celui de Carr en ait laissé échapper une troisième, qui plus est souterraine. Prudence.

Mais faisons comme si Rodriguez s'était trompé, et que la deuxième explosion, neuf secondes après le crash, était celle qui avait dévasté les sous-sols. L'hypothèse (officielle) de la "boule de feu" est-elle satisfaisante pour en rendre compte ? Cette hypothèse consiste à dire que du kérosène enflammé a descendu près de 300 mètres par les cages d'ascenseurs pour venir, au rez-de-chaussée, "souffler" les portes des ascenseurs et les vitres, détacher des marbres des murs, puis, au premier sous-sol, brûler Felipe David (l'homme "sauvé" par William Rodriguez), avant de détruire, encore plus bas, des murs, une porte de 150 kg, ou encore une presse hydraulique de 50 tonnes... Une "boule de feu" peut-elle faire tout cela ? Comme on a coutume de le dire : c'est aux experts d'en juger.

Je me permets tout de même de mettre en lumière deux objections qui ont été avancées contre cette hypothèse (pages 4 et 5 de ce document écrit par deux membres de "Scholars for 9/11 Truth") ; l'une à partir du témoignage de William Rodriguez, l'autre à partir de celui du Lieutenant Walsh. Walsh nous apprend d'abord que, dans le hall d'entrée du WTC1, on distingue les ascenseurs de l'aile gauche (ou nord) et ceux de l'aile droite (ou sud). Ils relient les plus hauts étages. Ces ascenseurs sont, à la connaissance de Walsh, restés intacts. Au milieu, on trouve des ascenseurs qui couvrent uniquement les étages inférieurs, précisément du 34e étage jusqu'aux sous-sols. Or, ce sont ces seuls ascenseurs qui, d'après Walsh, ont été endommagés. On a, dès lors, du mal à retracer le chemin de la "boule de feu" qui provenait du 94e étage (localisation de l'impact) - qui plus est, en 9 secondes... Quant à Rodriguez, il nous apprend qu'il n'existe qu'un seul ascenseur qui parcourt toute la hauteur de la tour jusqu'au plus bas niveau, et qu'au moment des explosions, l'opérateur M. Griffith était à l'intérieur de cet ascenseur, et qu'il a survécu sans subir la moindre brûlure. La "boule de feu" ne serait donc pas passée par là... Ces témoignages seraient, bien sûr, à confirmer.

Quatrième fait : les débris du Vol 93, minuscules pour la plupart, ont été retrouvés jusqu'à 12 kilomètres du lieu du crash (ici). Plusieurs témoins ont vu et/ou entendu l'avion peu avant qu'il ne s'écrase. Ils le décrivent volant à très basse altitude, de manière irrégulière, chancelant de droite à gauche, et ils parlent aussi d'une très puissante détonation. L'un de ces témoignages pourrait s'avérer particulièrement éclairant ; je le cite, tel qu'il est décrit sur l'excellent site collaboratif de journalisme civique "Center for Cooperative Research" (dont la partie consacrée au 11 septembre a été créée par Paul Thompson) : "Linda Shepley : She hears a loud bang and sees the plane bank to the side. She sees the plane wobbling right and left, at a low altitude of roughly 2,500 feet, when suddenly the right wing dips straight down, and the plane plunges into the earth. She says she has an unobstructed view of Flight 93’s final two minutes." Et le rédacteur de poursuivre par ce commentaire : "some passenger planes hit by missiles continued to fly erratically for several minutes before crashing. For instance, a Korean Airline 747 was hit by two Russian missiles in 1983, yet continued to fly for two more minutes." L'hypothèse du missile s'impose lorsque l'on sait que plusieurs témoins (dont un vétéran de l'US Navy) disent avoir entendu un bruit de missile précédant immédiatement une violente explosion. De nombreux autres témoins disent, par ailleurs, avoir vu, peu avant ou après le crash, un petit avion blanc volant à basse altitude aux abords du lieu du crash (ici ou ; voir aussi le témoignage vidéo de Susan McIlwain).
 
Ces éléments concourent à nous faire penser que le Vol 93 a été abattu. D'autant que le Vice-Président Cheney semble bien avoir donné l’ordre aux intercepteurs d’abattre cet avion (ainsi que tout autre avion manifestement détourné), même si l'heure à laquelle il donna cet ordre demeure incertaine. Une déclaration du pilote de chasse Daniel Nash, passée un peu inaperçue, va d'ailleurs dans ce sens : de retour à sa base, le 11 septembre, "he was told that a military F-16 had shot down a fourth airliner in Pennsylvania" (la citation se poursuivant, certes, de la manière suivante : "a report that turned out to be incorrect." C'est, en effet, à ce jour, la ligne officielle.). [MAJ : rien ne prouve que le vol 93 ait été abattu.]
 
Récapitulons : l'effondrement sur lui-même, et ultra-rapide, du WTC7 ; le métal fondu retrouvé dans les décombres des Twin Towers et du WTC7 ; les explosions entendues, en particulier dans les sous-sols de la Tour Nord, quelques secondes avant ou après le premier crash ; les minuscules débris du Vol 93 retrouvés jusqu'à une douzaine de kilomètres du point d'impact : tels sont donc les quatre faits que j'ai retenus, parmi tous ceux qui posent question. Car ces faits sont ceux qui peuvent apporter le plus clairement, s'il y a des anomalies à trouver, des preuves de ces anomalies. Des scientifiques devraient être capables de répondre de concert aux questions que ces éléments nous posent :
 
Compte tenu de la structure du WTC7, et des dégâts qui lui ont été causés le 11 septembre, ce building pouvait-il tomber naturellement (sans explosifs), et surtout, tomber de la manière dont il est tombé ?
Est-il possible que du métal fonde sous le seul effet d'incendies, sans le recours à une sorte de thermite ? [MAJ : l'aluminium des avions peut fondre à cause des incendies.]
Une "boule de feu" a-t-elle pu descendre en une poignée de secondes toute la hauteur de la Tour Nord du WTC pour dévaster ses sous-sols ?
Un avion de ligne qui s'écrase encore entier (sans avoir été abattu en plein vol), peut-il s'éparpiller en une multitude de "confettis" sur près de 12 kilomètres ? [MAJ : ces longues distances, rapportées dans la presse, ont été mesurées par la route, comme l'a révélé un documentaire de la BBC. A vol d'oiseau, elles s'avèrent nettement plus courtes.]
 
Concernant les deux premières questions, un scientifique comme Steven Jones répond catégoriquement "non". On aimerait que d'autres scientifiques s'invitent dans la conversation et discutent les arguments de Jones. Idem pour les deux autres questions. [MAJ : depuis la rédaction de cet article, d'autres scientifiques se sont emparés de ces questions et contestent les conclusions de Jones.]
 
Etape suivante et prochain article : les nombreuses coïncidences qui jalonnent l'histoire du 11 septembre...

Publié dans 11 septembre

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