Affaire DSK : un 11-Septembre médiatique et politique ?

Publié le par Taïké Eilée

Journalistes, femmes politiques, hôtesses de l'air, femmes de chambre, économistes... Le tableau de chasse de DSK impressionne, comme les plaintes qui l'émaillent, et les silences qui les enrobent. L'arrestation du directeur général du FMI, dimanche dernier, a soudainement libéré la parole et fait remonter en surface quantité d'affaires, plus ou moins graves, mais toutes fort préoccupantes pour celui qui prétendait succéder à l'Elysée à un autre agité : Nicolas Sarkozy.

 

"Tout le monde savait", entend-on désormais partout, tout le monde savait que DSK, coupable ou innocent dans l'affaire du Sofitel new-yorkais, avait un comportement souvent très pressant envers les femmes et s'était, au moins à une occasion, fort mal comporté. Mais personne n'a rien dit. L'omerta française est du coup pointée du doigt par la presse internationale, et nos médias - chose rare - entament un examen de conscience. L'affaire DSK donne lieu, ce n'est pas son moindre mérite, à un procès des médias.


Certains observateurs, choqués au plus haut point - traumatisés même - par la chute brutale et imprévisible de Dominique Strauss-Kahn, ont comparé l'événement au 11-Septembre. La comparaison, malgré son excès évident, revêt néanmoins une certaine pertinence en ce qu'elle nous renvoie à un seul et même phénomène politico-médiatique : l'omerta.

 

bush-dsk1.JPG"C'est un nouveau 11-Septembre", lance Pierre Jovanovic, le 18 mai 2011 sur Radio Ici et maintenant, pour décrire l'onde de choc provoquée par l'arrestation du directeur général du Fonds Monétaire International. D'autres observateurs, comme le cinéaste Eric Rochant et le journaliste Michaël Darmon, ont osé la même comparaison, pour signifier l'état de sidération dans lequel cet événement nous a plongé, et pour remarquer que, dans les deux cas, des "théories du complot" ont rapidement émergé pour calmer nos angoisses, tant la réalité apparaissait inacceptable. Mais il s'agit de "théories du complot" de deux types bien distincts : dans un cas, elles mettent en accusation les puissants, et leur usage est alors vivement dénoncé par les médias, il relève du délire, de la folie ; dans l'autre cas, elles servent à protéger des puissants dans la tourmente, et sont accueillies avec une relative bienveillance par ces mêmes médias.


Le rapprochement le plus pertinent entre ces deux événements, si dissemblables par ailleurs (car comme le dit très cyniquement Jack Lang, "il n'y a pas mort d'homme" dans l'affaire DSK...), réside dans l'attitude des médias et des politiques, dans leur silence pendant tant d'années sur ce que chacun savait pourtant dans les "milieux autorisés". Comme le titre France Soir le 18 mai, "tout le monde savait" que DSK avait un gros problème de maîtrise de ses pulsions sexuelles et que nombre de femmes en avaient fait les frais. Et tout le monde s'est tu, et a laissé faire, jusqu'à ses plus fervents supporters au PS qui continuent de nier l'évidence - "ce n'est pas le Dominique que nous connaissons" - et crient, comme Michèle Sabban, et sans le moindre début d'argument, au "complot international". Dans le cas du 11-Septembre, les dirigeants américains savaient - avec force détails - qu'un énorme attentat impliquant des avions était en préparation sur leur territoire, ce qui permit au New York Post de barrer sa Une d'un énorme "Bush knew", mais ils n'ont rien fait, ils ont laissé faire, et ont ensuite nié avoir reçu le moindre avertissement. Chacun sait aussi que le rapport de la Commission d'enquête est une escroquerie, dont le seul but, de l'aveu même l'ex-officier de la CIA Michael Scheuer, était de faire diversion et de dissimuer la vérité (qui reste largement à déterminer) ; pourtant chacun fait mine de l'ignorer.


Enquêter... quand j'aurai le temps


L'omerta médiatique et le déni des politiques, voilà ce que l'affaire DSK nous révèle en priorité. Jean-Michel Aphatie a bien pensé, nous confie-t-il le 18 mai sur son blog, au dîner auquel il était convié en février 2007 dans l'émission de Thierry Ardisson 93, Faubourg Saint-Honoré, et au cours duquel Tristane Banon avait révélé qu'un "chimpanzé en rut" nommé DSK avait tenté de la violer. Mais au bout de 4 longues années, il n'a malheureusement jamais trouvé l'occasion d'en parler : "Je fus naguère convive d’une tablée où une femme raconta des violences dont elle aurait été victime de la part de Dominique Strauss-Kahn. Le film de ce dîner est visible sur Internet. (...) L’histoire du dîner mérite d’être racontée. J’y ai souvent repensé. Mais j’ai le droit, je crois, de le faire quand je l’aurai décidé, où je voudrais, et sous des formes que je choisirai." Et le 19 mai, dans son duel sur RTL avec Alain Duhamel, il s'étonne qu'après la diffusion de l'émission sur Paris Première, aucun de ses confrères n'ait songé à l'appeler pour avoir de plus amples informations sur le cas Banon. Duhamel, de son côté, confesse sans honte n'avoir jamais entendu parler de cette affaire... Aphatie promet à présent de mettre les choses au point sur ce fameux dîner, de sortir enfin du silence, d'ici quelques jours sur son blog.


De la même manière, Laurent Joffrin, successivement directeur du Nouvel Observateur et de Libération, reconnaissait en 2002 lors de son passage dans une autre émission de Thierry Ardisson, Tout le monde en parle, qu'il existait de très nombreuses zones d'ombre dans l'histoire du 11-Septembre ; d'ailleurs, à l'époque, il promettait même d'enquêter sur l'une d'entre elles : la fuite de Ben Laden de Jalalabad en novembre 2001 avec un convoi d'une centaines de véhicules, qui ne devait pas passer inaperçu aux yeux des Américains. L'anecdote avait été rapportée, entre autres, par le grand reporter Michel Peyrard sur le plateau d'Ardisson. Presque dix ans plus tard, Joffrin n'a, lui non plus, pas trouvé le bon moment pour s'y mettre... "L'homme en noir" avait eu à l'époque des mots très justes, qui résonnent étrangement dans le contexte de l'affaire Strauss-Kahn :

- Ardisson : ... Peyard dit ça, alors j'ai appelé les journaux, et je leur ai demandé "est-ce que vous allez enquêter ?", j'ai appelé le Journal du Dimanche, "non on ne va pas enquêter", Libération, "on n'enquête pas", Le Monde, Schneidermann me dit "de toute façon mon problème c'est pas d'enquêter, voir ça avec Plenel", ça veut dire quoi ? ça veut dire qu'un truc est dit dans une émission devant 2 millions et demi, 3 millions de gens un samedi soir, et le lundi matin la presse n'en parle pas, est-ce un fonctionnement normal ? (...)

 

Je trouve quand même que c'est grave, il y a des choses qui sont dites et qui sont complètement ignorées...


[ Finkielkraut parle alors de secret de Polichinelle...]


- Ardisson : Ce que j'appelle un secret de Polichinelle, c'est l'information à deux vitesses, d'un côté y a les journalistes qui savent des trucs, qui en parlent entre eux dans les dîners, "tu sais Mitterrand a une fille cachée, elle s'appelle Mazarine... et puis tu sais que Mitterrand a eu la Francisque, mais ça on le dit pas au bon peuple qui achète nos journaux, on se le dit entre nous dans les dîners", et donc est-ce qu'Internet c'est pas la fin de cette information à deux vitesses ? (...)


Qu'est-ce qu'il va se passer le jour où y a un truc qui va sortir, on va s'apercevoir que dans la version de la CIA et du FBI y a un truc qui cloche ?

 

- Joffrin : Y a peut-être des choses qui clochent déjà, y a effectivement des contradictions, des bizarreries, les journaux qui ont parlé de ça ont dit que les autorités n'ont pas tout dit, donc y a des questions qui restent posées, évidemment, bien sûr...

 

Que vont se dire les gens lorsqu'ils vont se rendre compte que les choses ne se sont pas vraiment passées comme on le leur a dit ? Et surtout que personne n'a enquêté pour savoir comment elles se sont passées ? Pertinentes questions d'Ardisson... Le manque de curiosité des journalistes pour certaines affaires potentiellement explosives (comme ici) est toujours source d'étonnement. Internet permet, en effet, non pas de mettre fin à l'information à deux vitesses, mais de limiter fortement l'écart entre ceux qui savent et les autres, et même d'inverser parfois la hiérarchie entre sachants et ignorants.


Silence coupable


Ces derniers jours s'est donc spontanément ouvert - dans nos médias - le procès des médias (voir Les Dernières Nouvelles d'Alsace, La Montagne, Le Républicain lorrain, La République du Centre...). Evénement assez rare pour être souligné. Ainsi, Le Monde du 20 mai consacre un article au "procès des journalistes", et à l'accusation d'omerta qui leur est portée, mais c'est pour mieux se dédouaner de ne pas avoir parlé de l'histoire de Tristane Banon : "Il y avait bien, pourtant, le témoignage de Tristane Banon, cette écrivaine qui assure avoir subi des violences sexuelles de la part de DSK, en 2002. Un témoignage public, accessible à tous, mais qui n'a jamais été suivi d'un dépôt de plainte. Fallait-il enquêter sur cette base, fouiller le passé de Dominique Strauss-Kahn, interroger les femmes ayant partagé des moments d'intimité avec lui, se procurer, peut-être, des éléments de son dossier médical ? Voire, comme l'auraient peut-être fait les tabloïds britanniques, lui tendre des pièges ? Non, répondent d'instinct la plupart des journalistes français, qui érigent en tabou le respect de la vie privée." C'est l'absence de plainte qui est invoquée pour justifier l'absence d'enquête. Piètre argument, quand on lit ici ou les témoignages de femmes victimes de viol qui disent toute la difficulté qu'il peut y avoir à porter plainte. Une telle décision réclame souvent de nombreuses années. Faut-il dès lors ne rien faire ?


D'ailleurs, un autre article du Monde, daté aussi du 20 mai, prend le total contre-pied du précédent, en dénonçant l'absence d'enquête des journalistes, leurs justifications foireuses, et en dénonçant clairement l'omerta après la diffusion par AgoraVox, en 2008, du témoignage accablant de Tristane Banon :

"L'information s'arrête au seuil de la chambre à coucher", a professé Le Canard Enchaîné. Un peu court, lorsqu'on se souvient que le patron de l'hebdomadaire satirique, Michel Gaillard, avait reconnu dans un entretien accordé à Libération que "Le Canard aurait dû, durant les années Mitterrand, ne pas dissimuler l'existence de Mazarine". Même au Canard, apparemment, la porte de la chambre est entrebâillée ! 
Ailleurs, Franz-Olivier Giesbert, patron du Point, a soutenu qu'en l'absence de délit caractérisé, la presse n'avait pas à lancer d'enquête. Foutaises ! Si telle était la règle dans la profession lorsqu'il s'agit de faits divers, qui touchent le plus souvent des citoyens ordinaires, beaucoup d'entre nous seraient au chômage technique. Autant de dénégations qui masquent la frilosité de la presse face au chouchou des médias. Lorsque le site Agoravox, le 22octobre 2008, publie le témoignage de l'écrivaine Tristane Banon, dénonçant l'agression de Strauss-Kahn, personne ne relaie l'information.

Sur France 2, David Pujadas consacrait le 19 mai une grande soirée à débattre, entre autres choses, du silence des médias au sujet du comportement problématique de DSK avec les femmes. Etrangement, le nom de Tristane Banon ne sera pas prononcé une seule fois... même si Ivan Rioufol du Figaro essaya vainement d'amener le sujet sur la table, immédiatement coupé par le directeur du Point Franz-Olivier Giesbert. Dans Ce soir ou jamais du 18 mai, c'est la même thématique de l'omerta médiatique qui était abordée : "DSK : La presse française sur le banc des accusés ? Les journalistes français auraient-ils dû révéler ce qu’ils savaient depuis des années ? Les frasques supposées de Dominique Strauss Kahn étaient, semble t-il, un véritable secret de polichinelle au sein des rédactions."


Dans Le Monde du 16 mai, Xavier Deloire, directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ) et co-auteur, en 2006, de Sexus Politicus, s'interrogeait déjà sur l'étrange omerta des médias sur le cas DSK et s'inquiètait des répercussions qu'elle pourrait avoir dans l'opinion : "Si demain les Français, lecteurs ou électeurs, nous accusent une nouvelle fois d'avoir gardé un secret entre soi, d'avoir accepté chez les puissants ce que nous refusons aux humbles, que leur répondrons-nous ? Que nombre d'entre nous ne savaient pas ou n'ont pas cherché à savoir ? (...) Se garder de propager les rumeurs, tel est notre devoir. Les laisser se propager sans avoir la curiosité de les vérifier est une erreur." On croirait entendre Ardisson, dix ans après...


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Titres du Time, du New York Times et du Vancouver Sun

Mais si les médias français font ici ou là leur auto-critique, c'est à l'étranger que leur attitude choque le plus. ABC News s'interroge ainsi : "Pourquoi les médias français n’ont pas enquêté plus avant sur les dires de Tristane Banon, pour voir si son témoignage était exact ou non ?" Le Washington Post et le New York Times questionnent "l'omerta" et la "loi du silence" qui règnent en France concernant les moeurs - contestables - des responsables politiques. Le Guardian et l'Australian parlent d'un "code du silence". Le Time et le Vancouver Sun se font également l'écho de cette critique planétaire du silence des médias français. Le Canadien Patrick Lagacé titre son article dans Cyberpresse : "Sexe, mutisme et impunité" et, faisant référence à l'affaire Tristane Banon, résume ainsi la situation : "La presse française sait qu'un fleuron du Parti socialiste a fait ce qui s'apparente à des avances « musclées » à une jeune femme de 24 ans. Mais la presse n'enquête pas. Elle n'inquiète pas DSK. (...) Les journalistes sont de mèche. Comme les flics. Comme vos amis - et même vos ennemis - politiques. On sait. Mais on tait."


Une omerta également dénoncée dans la presse italienne. Dans Il Giornale du 16 mai, Marcello Foa fustige "l’hypocrisie de la France" : "Strauss Kahn était un homme malade qui n'a pas été bloqué à temps, payant ainsi paradoxalement pour l'hypocrisie d'une France où la presse n'hésite jamais à donner de leçons de transparence et de moralité aux autres mais qui face aux puissants de son propre pays- qu'ils s'appellent Strauss Kahn ou Sarkozy- se montre extraordinairement lâche, lâche jusqu'à l'omerta". Dès dimanche, jour de l'arrestation de DSK, Marcello Foa taclait la presse française : "Le Tout-Paris savait que Dominique Strauss-Kahn était très décontracté sexuellement. (…) Mais l’opinion française n’était pas au courant. Avec cette hypocrisie typique de la France, les nouvelles n’ont jamais quitté le cercle des salons. Les journalistes savent tout, personne n’écrit rien. (…) La France, qui ces deux dernières années a été choquée par le Bunga Bunga de Berlusconi n’a pas écrit une ligne sur Strauss-Kahn".


Nul doute que si l'affaire DSK n'avait pas éclaté aux Etats-Unis, elle n'aurait jamais éclaté en France. C'est l'opinion d'Eva Joly et de Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi du journaliste de Libération Jean Quatremer, qui, dans une interview au quotidien suisse Le Matin, se réfère à l'affaire Banon, et se montre impitoyable envers ses confrères (et aussi certains élus socialistes) :

... Où entend-on les journalistes qui connaissaient les dérives de DSK ? Où lit-on leurs enquêtes ? Où sont les témoignages des femmes victimes de ses propositions inappropriées ? Nulle part. Ma soudaine « gloire » souligne les manquements de la presse française. (...)

 

En 2007, M. Strauss-Kahn est accusé de tentative de viol. Et personne n'a enquêté. C'est affolant ! Cette année-là, lorsque j'écris qu'il frôle le harcèlement, j'avais évidemment assisté à des scènes et recueilli des témoignages. Ensuite, j'en ai reçu d'autres. Des dérapages au sein du Parti socialiste. Des étudiantes à Sciences-po qui savaient toutes qu'il ne fallait pas se retrouver seule dans une pièce avec DSK.

 

Que s'est-il passé lorsque vous aviez dénoncé le rapport problématique qu'entretiendrait DSK avec les femmes ?
Son conseiller m'a prié de retirer le texte d'Internet. Je n'ai évidemment pas accepté. Mais le problème c'est qu'il ne s'est rien passé. Strauss-Kahn a-t-il déposé une plainte, parlé de diffamation ? Non. D'autres journalistes ont-ils enquêté ? Non plus. L'omerta. On parle pourtant de quelqu'un qui traite les femmes - la moitié de la population ! - avec mépris. (...)

 

En France, ce qui me fait honte, c'est justement qu'on en plaisante, c'est la bagatelle. Jack Lang a osé dire que dans l'affaire DSK, il n'y avait « pas mort d'homme ». Mais il y a peut-être tentative de viol ! C'est effarant. (...)

 

« Je pense à l'homme », a osé Ségolène Royal plaignant Dominique Strauss-Kahn. Eh bien moi, je pense à la femme ! (...)

Il n'est certes pas dans notre tradition - et c'est tant mieux - de scruter à la loupe la vie sexuelle de nos politiciens ; et d'ailleurs celle, toute libertine, de Dominique Strauss-Kahn ne nous intéresse pas, et n'a d'ailleurs rien de condamnable, si tant est que l'on fasse du plaisir l'une des valeurs cardinales de la vie. Là où le silence devient coupable, c'est lorsqu'un homme politique use de son pouvoir pour faire pression sur ses proies féminines, c'est lorsque ce genre d'individu, ivre de sa puissance, se croit tout permis et ne recule plus devant rien pour aboutir à ses fins, ou, du moins, s'autorise tous les harcèlements pour faire céder ses conquêtes qui lui sont généralement subordonnées. Or, de tels agissements semblent - si l'on en croit les témoignages - coutumiers de Dominique Strauss-Kahn.


DSK, multirécidiviste


Dressons une liste - non exhaustive - de ces témoignages :


L'ouvrage Sexus politicus de Christophe Deloire et Christophe Dubois évoque en 2006 les frasques sexuelles de DSK et l'histoire de Tristane Banon, qui ne serait pas passée inaperçue. Page 365 : "L'affaire, à l'époque, fait grand bruit dans les arcanes du pouvoir, mais la presse l'ignore."


Jean Quatremer écrit en 2007 sur son blog : "Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France)."


La socialiste Aurélie Filipetti reconnaît les précautions qu'elle prend en présence de DSK : "Je me suis arrangée pour ne pas me retrouver seule avec lui dans un endroit fermé."


Danièle Evenou demande lors d'une émission de Laurent Ruquier sur Europe 1 : "Qui n’a pas été coincée par Dominique Strauss-Kahn ?"


Thierry Ardisson juge sur RMC que DSK est malade, qu'il a un rapport pathologique au sexe, et affirme qu'il a convoité 14 de ses copines...


Azouz Begag confie lui aussi sur RMC avoir quelques copines qui ont eu à subir les assauts de DSK, au point d'éclater en sanglots : "Depuis 30 ans tout le monde sait que DSK a glissé à maintes reprises", affirme-t-il.

 

Daniel Schneidermann accuse sur France 3 DSK de harcèlement sur deux de ses amies, et considère qu'il a un vrai problème de maîtrise de ses pulsions.


Yannick Olland, envoyé spécial de RMC, est allé enquêter sur les lignes Air France qu'empuntait DSK : le directeur du FMI y avait une très mauvaise réputation à cause d'un comportement "très déplacé" à l'endroit de certaines hôtesses de l'air ; l'une d'elles lui avait même rendu une paire de claques, et aurait pu porter plainte aux dires d'un stewart, en raison d'un geste de DSK qui était allé au-delà de la main aux fesses... Son comportement déplacé était "de notoriété publique" au sein du personnel naviguant d'Air France.

 

Le Point  rapporte d'ailleurs - signe de sa très grande décontraction avec les femmes - que les derniers mots de Strauss-Kahn en liberté auraient été "Quel beau cul !" : "Quel beau c...l !" Cette interjection, à l'adresse d'une des hôtesses du vol New York-Paris AF023 du samedi 14 mai, d'autant plus leste que faite à voix haute devant le personnel navigant commercial, est la dernière phrase prononcée par Dominique Strauss-Kahn avant d'être invité par deux policiers à quitter le siège de la Business Class sur lequel il avait pris place pour se rendre à Paris."


Libération du 18 mai révèle que le journal avait pris la décision de ne jamais envoyer une femme seule interviewer DSK. Une journaliste de Libé, sous couvert d'anonymat, raconte à midilibre.fr : "Au journal, à chaque fois qu'il fallait interviewer Dominique Strauss-Kahn, on envoyait un homme, parce qu'on racontait que, par le passé, il y avait eu des bugs entre lui et des journalistes femmes".


Un proche de DSK déclare dans France Soir du 18 mai : "On aurait dû lui mettre des gardes du corps pour l'empêcher de faire des conneries".banon_dsk_mansouret-3-17887.jpg

 

Tristane Banon, qui se dit politiquement proche de DSK, raconte qu'elle a dû se battre à terre pour se défaire de l'homme politique qui voulait lui ouvrir son pantalon et dégrafer son soutien-gorge : "On a fini par se battre, donc ça s'est fini très très violemment... on s'est battu au sol, pas qu'une paire de baffes, moi j'ai donné des coups de pieds, il a dégrafé mon soutien-gorge, il a essayé d'ouvrir mon jean... Quand on se battait, je lui avais dit le mot "viol" pour lui faire peur, ça ne lui a pas fait peur plus que ça". 


Anne Mansouret, la mère de Tristane Banon, affirme que sa fille était sous le choc après sa rencontre avec DSK, qui aurait d'ailleurs reconnu avoir tenté de séduire sa fille : "Ecoute, je ne sais pas ce qui m'est arrivé, j'ai pété un câble. Je l'avais invitée parce que j'avais l'impression qu'elle était d'accord, ensuite j'ai pété un câble", aurait avoué DSK. Mansouret dissuadera sa fille de porter plainte contre lui, un ami politique, mais aussi un ami de la famille. Aujourd'hui, elle affirme que DSK est malade : "Pour moi, Dominique Strauss-Kahn est malade. Ce n’est pas une injure de dire cela, il a un vrai problème : une addiction au sexe, comme d’autres ont des soucis avec l’alcool, la drogue ou le jeu. Il est malade. Sur les faits eux-mêmes [à New York], je ne peux pas me prononcer, je n’y étais pas. Mais pour moi, c’est très plausible que cette femme a été agressée sexuellement. En revanche, je suis formelle, il a bien tenté d’abuser de Tristane".


France Soir rapporte l'existence d'autres affaires en France : "Elles auraient eu pour victimes plusieurs jeunes femmes, dont des militantes du PS et des Beurettes, selon nos informations émanant de proches, pourtant bienveillants à l’égard de DSK. Toutes ces affaires se seraient réglées à l’amiable entre les parents de ces victimes et des responsables du PS. Ces derniers auraient réussi à calmer, avec beaucoup de difficultés, ces sympathisants socialistes (certains s’étaient armés d’une hache ou d’un couteau, selon notre source) les persuadant de ne pas déposer plainte."


Bernard Debré juge que DSK doit se faire soigner et lance, dans une interview à L'Express, une grave accusation : "Il faut sortir de l'hypocrisie. Ce n'est pas la première fois que DSK se livrait à ce genre d'agissements au Sofitel. C'est là qu'il descendait toujours. Ça s'est produit plusieurs fois et depuis plusieurs années. Tout le monde le savait dans l'hôtel. (...) Les employés étaient sur le point de se révolter. La direction était au courant mais jusque là n'osait rien dire. Elle a étouffé toutes les autres affaires. D'autres femmes de chambre avant Ophelia - une femme charmante de 32 ans qui travaillait très bien - avaient été agressées". Mais Rue 89, qui essaie de joindre Debré, reçoit mardi dernier un démenti de ses collaborateurs : "Ce n'est pas une concierge, Bernard Debré ! Il n'a jamais dit qu'il y avait d'autres cas d'agressions au Sofitel ! C'est un malentendu." Etrange retournement, qui réclamerait une véritable clarification de la part du député de Paris.

 

Les accusations de harcèlement émanent aussi de l'étranger. L'économiste hongroise Piroska Nagy, au coeur d'une première affaire avec DSK, écrit le 20 octobre 2008 une lettre aux enquêteurs alors mandatés par le FMI, qui sera publiée par L'Express : "Je pense que M. Strauss-Kahn a abusé de sa position dans sa façon de parvenir jusqu'à moi. Je vous ai expliqué en détail comment il m'a convoquée plusieurs fois pour en venir à me faire des suggestions inappropriées. [...] Je pense que M. Strauss-Kahn est un leader brillant, qui a une vision pour affronter la crise financière mondiale en cours. C'est également un homme agressif, bien qu'il soit charmant. [...] Je crains que cet homme ait un problème pouvant le rendre peu adapté à la direction d'une institution où des femmes travaillent sous ses ordres."


Martina, une journaliste interrogée par The Times, accuse aujourd'hui DSK de chantage sexuel : il exigeait un rapport sexuel contre une interview. Le 18 mai, Le Nouvel Obs se fait l'écho de cette histoire : "Selon la journaliste, le directeur du FMI aurait "obtenu son numéro de téléphone par son ambassade ou l'Institut Français et a commencé à [l']'appeler, en disant : "Si tu sors avec moi tu pourras avoir ton interview. Il voulait venir à mon travail mais j'ai raccroché"". Toujours selon des propos repris par le site Internet d'un article du Times, DSK s'est acharné pour séduire la jeune femme d'une trentaine d'années puisque, deux ans plus tard, il aurait de nouveau tenté sa chance. La jeune femme devait "aller passer le week-end avec lui à Paris ou ailleurs. Il était incroyablement insistant… Il a presque dit explicitement que je devais coucher avec lui pour avoir une interview"."


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Irma Nici, DSK et la maquerelle Kristin Davis

Dans le Daily Mail et le Daily Telegraph, la directrice d’une agence de call-girls, Kristin Davis, déclare qu’elle a eu deux fois affaire à DSK en 2006, "recommandé" par Irma Nici, une prostituée bosniaque qui vivait alors à Paris. La première fille qu’elle lui avait envoyée l’avait trouvé agressif et ne voulait plus y retourner ('The first girl I sent to him said he was aggressive and didn’t want to be back with him again'). Nici raconte sa supposée liaison avec DSK et souligne elle aussi son agressivité : "Speaking about her alleged liaison with the IMF boss, Ms Nici told the Daily Mail : 'Strauss-Kahn was rough and aggressive, however he maintained a certain level of decorum because he was dealing with an agency. 'The girls said he was pushy, overly grabby and forceful. He did not rape anyone. However, at $1,000 or more an hour, we expected the clients to behave like gentlemen, not animals'."

 

Enfin, une dépêche de l’agence mexicaine Notimex reprend des allégations publiées par l’auteur anonyme Cassandre dans le livre DSK, secrets d’un présidentiable : "le directeur général du FMI Dominique Strauss Kahn a à son actif plusieurs agressions sexuelles présumées dont une employée de maison mexicaine lors d’une visite de travail au Mexique".


The First Post a dressé, le 19 mai, une liste très synthétique de ces témoignages de comportements agressifs.

 

Hollande au courant ?


Si les journalistes n'ont jusqu'ici rien dit, les politiques n'ont rien dit non plus. Or eux aussi savaient. Ils savaient, certes, que DSK était libertin, mais de ceci nous n'avons cure. Mais savaient-ils que leur ami, leur camarade, leur champion pouvait être inquiétant aux yeux des femmes, et même violent ? Nicolas Demorand pose la question dans son édito du 19 mai, sans esquiver le cas Banon :

Que savaient exactement les dirigeants socialistes de la vie privée de DSK ? De son rapport aux femmes ? Estimaient-ils qu’il y avait là un problème, voire un risque politique ? Ou pensaient-ils que les communicants sauraient trouver les mots, arrondir les angles, peut-être étouffer les scandales ? Comment ont-ils reçu les propos d’une des leurs, députée PS, avouant sa peur de se retrouver seule dans la même pièce que lui ? Et ceux de la fille d’une des leurs, faisant état à la télévision d’une tentative de viol présumée ? Sur cette dernière affaire, que savait exactement François Hollande, dont les journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois disent, dans Sexus politicus (Albin Michel), qu’il avait à l’époque réconforté la jeune fille ? Ces questions, et toutes les autres, doivent être posées et appellent désormais des réponses.

Que savait, en effet, François Hollande, nouveau favori des socialistes dans la course de 2012, de l'agression présumée de Tristane Banon ? Le scandale ne pourrait-il pas retomber aussi sur lui, si l'on apprenait qu'il avait couvert une tentative de viol ?


Anne Mansouret vient justement d'apporter, le 19 mai, sa réponse à cette douloureuse question, dans une dépêche AFP. La mère de Tristane Banon est formelle : des personnalités "au plus haut niveau" du Parti socialiste "étaient au courant" d'une agression sexuelle remontant à 2002 dont sa fille accusait Dominique Strauss-Kahn. Elle est convaincue que François Hollande et Laurent Fabius étaient au courant, même si elle n'en a jamais parlé directement avec eux. "François Hollande a témoigné à mon égard d'une attention particulière. Il a demandé des nouvelles de ma fille et il ne l'a pas fait par hasard", a-t-elle déclaré. "Il a toujours témoigné de beaucoup d'humanité. Il était parfaitement au courant", a insisté Mansouret. "Je n'en ai pas parlé avec Laurent Fabius bien que je sache qu'il est au courant. Fabius, c'est la prudence sur deux pieds (...) Son attitude m'a laissé penser qu'il savait mais qu'il ne voulait pas en parler", a ajouté la conseillère régionale PS de Haute-Normandie.

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François Hollande le 15 mai 2011 lors de l’émission "Dimanche +" devant une photo de DSK

Dans une interview qu'elle a accordée le 19 mai à Médiapart, on apprend que Laurent Fabius n'aurait pas voulu être mis au courant : "Il a dit « je ne veux pas savoir, je ne veux pas être au courant." Quant à François Hollande : "Il a été formidable, d'une gentillesse... Il a téléphoné personnellement à Tristane, il a été superbe." Le bras droit du député de Corrèze, Stéphane Le Foll, confirme cette version : "Je n'ai pas eu directement à gérer cette affaire. Mais je sais que cela a été évoqué, François a essayé de le faire de façon très respectueuse. Il avait appelé Tristane Banon, il n'a pas cherché à imposer quoi que ce soit, il l'a écoutée et a essayé de la rassurer. C'était lui en direct qui gérait."


On est dès lors stupéfait des dénégations de François Hollande aujourd'hui. En effet, interrogé le 20 mai par des journalistes à bord d'un TGV pour Dijon, l'ancien Premier secrétaire du Parti socialiste prétend n'avoir été au courant de rien : "Je n'ai jamais eu connaissance des faits de la gravité qui ont été à un moment évoqués. (...) Les rumeurs, elles existaient mais je n'ai jamais conçu que mon rôle était de faire la police au sein du PS." Et de se réfugier derrière l'absence de plainte de Banon, dont il semble ignorer toute la difficulté de la démarche : "Si les faits avaient été démontrés, je pense qu'une plainte aurait été déposée. Je ne veux pas dire qu'il n'y ait pas eu de faits. Dans la vie, il y a des procédures : une femme est attaquée, elle porte plainte". "Arrêtons de nous mettre dans une espèce de culpabilité mutuelle", a-t-il conclu. Une belle preuve d'humanité que voilà...


Le candidat à la présidence de la République reste fidèle à sa stratégie : invité le 15 mai de Dimanche+, François Hollande avait déjà déclaré au sujet du crime reproché aujourd'hui à DSK : "Je pense que commettre un acte de cette gravité ne ressemble pas à l’homme que je connais. Il n’y a pas de doutes à avoir là-dessus." On peut, gageons-le, faire confiance à l'homme qui, dans ses jeunes années politiciennes, endossait le costume du leader de droite "Caton" et participait à l'une des plus incroyables opérations de manipulation de l'opinion qu'on ait connue dans l'Hexagone...


PS : réflexe de caste, oubli du peuple


Anne Mansouret dit regretter de ne pas avoir reçu de marques de soutien de la part de responsables socialistes depuis l'annonce de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn. "J'ai reçu quantité de marques de sympathie de responsables de droite. Pas une seule de personnalités de gauche", déplore-t-elle. Il faut dire que l'attitude des socialistes - déjà largement critiquée - a sidéré presque autant que l'arrestation de DSK elle-même. Pas un mot pour la victime présumée, une jeune femme modeste d'origine africaine vivant dans le Bronx, et toute leur compassion - de caste - réservée pour le patron du FMI et sa famille. Michèle Sabban ira jusqu'à réclamer l'exclusion du PS d'Anne Mansouret, qui aura manqué de solidarité avec DSK en parlant de la supposée tentative de viol de sa fille...


Bernard-Henri Lévy (philosophe officiel du PS) piquera sa colère contre tous les "petits mecs" qui soudainement se mettent à dire dans les médias qu'ils savaient depuis longtemps que DSK était un danger pour les femmes : "Les gens feraient mieux de se taire", lança-t-il furax au micro de Pascale Clark. "Ils n’avaient qu’à le dire avant", avant que son champion ne soit sur le point d'accéder à l'Elysée, si près du but... Il s'en prendra aussi à Tristane Banon : "J'en veux à tous ceux qui accueillent avec complaisance le témoignage de cette autre jeune femme, française celle-là, qui prétend avoir été victime d'une tentative de viol du même genre ; qui s'est tue pendant huit ans ; mais qui, sentant l'aubaine, ressort son vieux dossier et vient le vendre sur les plateaux télé", écrit-il dans son bloc-notes du Point. Rappelons que Tristane Banon n'est passée sur aucun plateau de télévision depuis l'arrestation de DSK... BHL se fera étriller par la presse américaine pour son attitude partisane, irrespectueuse de la femme de chambre et, au final, grotesque. Le comble de l'abjection sera atteint par Jack Lang qui osa lancer à la face du monde, dans le 20h de France 2, que, dans les faits imputés à DSK, il n'y avait "pas mort d'homme"... rien qu'une éventuelle tentative de viol sur une pauvre femme de chambre, on va pas en faire tout un fromage ! Lang eut beau se dire indigné de l'indignation provoquée par ses propos, qui auraient été mal compris, le mal était fait...

 

 

Olivier Picard, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, a bien raison lorsqu'il écrit : "Le petit monde politico-médiatique parisien pourrait s’interroger sur sa fâcheuse tendance à minimiser, ou à tolérer, les comportements limite (fric ou sexe ou les deux) de ses élites. Depuis des années, le personnel politique et nombre de journalistes étaient parfaitement au courant des « petites faiblesses » de DSK. Les dirigeants du PS aussi, quoi qu’ils en disent. Mais au nom du respect de la vie privé, on a laissé faire, comme autant de péchés véniels. Et au bout du compte, on a pris consciemment le risque d’une catastrophe. Elle vient de se produire avec l’explosion en plein vol d’un des prétendants à la fonction suprême que personne, semble-t-il n’a eu le courage de protéger de lui-même. Il ne faudra pas s’étonner si sa chute sidérante fracasse avec elle un peu plus la confiance des forces vives du pays envers un personnel politique en retard sur le peuple."

Après le séisme, les répliques...


Alors l'affaire DSK, un 11-Septembre médiatique et politique ? Certainement, dans le sens où l'on appelle désormais "un 11-Septembre", dans le langage journalistique, tout événement brutal et traumatisant qui remet en cause une croyance ancienne, une vision rassurante du monde, et qui bientôt révèle autre chose : un déficit politique et médiatique, démocratique pour tout dire, un abandon, voire une trahison du peuple par certaines de ses élites dirigeantes. L'affaire DSK nous révèle bien cela, un renoncement journalistique - à enquêter, à informer -, et une déconsidération du peuple par sa caste dirigeante. C'est peut-être par ce type de chocs salutaires que la démocratie progressera.


Sur un plan strictement politique, l'affaire DSK est en train de devenir l'affaire du PS tout entier, et notamment de son ancien Premier secrétaire François Hollande, qui réfute avoir eu la moindre connaissance de l'agression supposée de Tristane Banon, alors même que son bras droit Stéphane Le Foll a confirmé à Médiapart que c'est lui qui gérait à l'époque la crise "en direct". Si Hollande ment, cela pourrait lui coûter cher dans la course à l'Elysée. Car si le témoignage de Tristane Banon a longtemps suscité l'indifférence en France, il pourrait bientôt revêtir une importance capitale. La justice américaine, via le procureur de New-York, commence à s'y intéresser sérieusement, à en croire une récente dépêche de l'agence Reuters.

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Tristane Banon et David Koubbi, son avocat, mardi à Paris. Crédits photo : CHARLES PLATIAU/Reuters

L'avocat de Tristane Banon a immédiatement fait savoir, le 20 mai sur BFM TV, que sa cliente ne comptait pas participer au procès américain, ce qui n'enlève rien à sa détermination d'intenter une action en France : "Si Tristane Banon et Dominique Strauss-Kahn ont des choses à se dire cela se fera en France et selon des règles de droit qui seront applicables au citoyen français", a déclaré David Koubbi. "En aucun cas, ni Tristane Banon, ni moi-même ne souhaitons être instrumentalisés par la justice américaine ou prêter quelque concours que ce soit afin que ces deux dossiers soient liés d’une manière ou d’une autre. Il est absolument hors de question dans le dossier de Tristane Banon qu’un mouvement de notre part ait pour conséquence une condamnation de Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis. Il ne s’agit pas de participer à une condamnation médiatique de Dominique Strauss-Kahn, et je veux être extrêmement clair sur ce point. Si monsieur Dominique Strauss-Kahn doit être condamné aux Etats-Unis d’Amérique, ce sera pour des faits qui relèvent du dossier américain dont je ne connais rien, que je n’ai pas eu à regarder et pour lequel je n’ai pas à me prononcer." Me Koubbi a précisé à Reuters : "La présomption d'innocence n'existe pas aux Etats-Unis. Ma cliente ne souhaite pas inscrire sa démarche dans ce cadre". Le procureur de New York pourrait néanmoins tenter de mener une audition avec Tristane Banon ; il devrait pour ce faire formuler une demande d'entraide officielle à la France.

 

Les réactions en chaîne à l'affaire DSK sont encore imprévisibles...

 

Article publié sur AgoraVox

Publié dans Politique et Internet

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