11 septembre

Mardi 17 octobre 2006

4. Des mensonges officiels



Les autorités américaines ont, semble-t-il, menti sur deux principaux points. D'abord, elles ont affirmé qu'elles ne s'attendaient pas aux attentats du 11 septembre et, en particulier, à leur mode opératoire : l'utilisation d'avions de ligne comme missiles. Ensuite, elles ont soutenu ne pas avoir eu connaissance des futurs terroristes, à l'exception de deux d'entre eux, avant les attentats.


"No specific threat"

Comme base de travail, nous pouvons nous servir de la conférence de presse donnée par Condoleezza Rice le 16 mai 2002 à la Maison Blanche, et dont le sujet était : "U.S. INTELLIGENCE PRIOR TO THE TERRORIST ATTACKS ON SEPTEMBER 11, 2001". Vous pouvez la visionner et aussi la lire en intégralité ici. Durant toute cette conférence de presse, face à des journalistes qui reviennent constamment à la charge, la Secrétaire d'Etat n'a cessé de répéter le même message :

Nous savions que des attaques d'Al-Qaida étaient en préparation contre les intérêts américains ("there was specific threat reporting about al Qaeda attacks against U.S. targets or interests that might be in the works... There was a clear concern that something was up, that something was coming") ; mais nous imaginions qu'elles auraient lieu ailleurs que sur le sol américain ("But it was principally focused overseas."). Nous savions que des groupes terroristes, comme Al-Qaida, étaient mécontents de ce qui se passe au Moyen-Orient, et nous savions que ces groupes pourraient tenter un détournement d'avion classique, pour demander la libération d'un des leurs ("hijacking in the traditional sense, and in a sense said that the most important and most likely thing was that they would take over an airliner holding passengers and demand the release of one of their operatives") ; mais nos informations restaient très générales, ne spécifiant ni lieu, ni date, ni méthode d'attaque ("I've emphasized that this was the most generalized kind of information. There was no time, there was no place, there was no method of attack.") ; ce pourquoi nous n'avons pas alerté le peuple américain de ces risques. Enfin, il nous était impossible d'imaginer que des avions de ligne seraient détournés pour être projetés contre des bâtiments ("I don't think anybody could have predicted that these people would take an airplane and slam it into the World Trade Center, take another one and slam it into the Pentagon, that they would try to use an airplane as a missile, a hijacked airplane as a missile.").

La version de Rice est confirmée par les principaux représentants de l'autorité américaine : Dick Cheney, George W. Bush, Robert Mueller (le directeur du FBI), Ari Fleischer (le porte-parole de la Maison Blanche)... Or, cette version est fausse. Rendez-vous sur l'excellent documentaire 9/11 Press For Truth, à partir de la minute 31'30, pour voir ces mensonges démontés. Vous pouvez également lire différentes chronologies qui ont été établies sur le 11 septembre, et qui suggèrent assez clairement une connaissance préalable des attentats - et de ce type d'attentats - par les autorités américaines : la chronologie exhaustive de Paul Thompson (tout son site, avec des tas de chronologies qui permettent de lire l'événement du 11 septembre sous quasiment tous les angles, constitue une mine exceptionnelle) ; ou celles, plus limitées et orientées, de Peter Franssen et Michael C. Ruppert.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les avertissements étaient très nombreux et non moins précis. Ainsi, dès 1999, les services de renseignement britanniques mettent en garde leurs homologues américains : Al-Qaida a l'intention "d'utiliser des avions de ligne de façon non conventionnelle, peut-être comme des bombes volantes", pour les crasher dans des buildings (Sunday Times, 9 juin 2002). En juin 2001, deux services de renseignement allemands indiquent à la CIA, mais aussi aux services secrets britanniques et israéliens que des terroristes du Moyen-Orient projettent d'utiliser des avions détournés pour attaquer "des symboles américains et israéliens très forts" (Frankfurter Allgemeine Zeitung, 11 septembre 2001). Le 16 juillet, les services secrets britanniques renchérissent : Al-Qaida se trouve en "phase préparatoire ultime" d'un gigantesque projet terroriste (London Times, 14 juin 2002). A la fin du mois de juillet, Wakil Ahmed Muttawakil, le ministre taliban des Affaires étrangères, fait savoir aux Etats-Unis et aux Nations Unies qu'Al-Qaida projette "une énorme attaque sur le sol américain" (The Independent, 7 septembre 2002). Au début du mois d'août, un agent secret marocain infiltré au sein d'Al-Qaida informe ses supérieurs que l'organisation de Ben Laden prépare "des opérations de grande envergure à New York dans l'été ou l'automne 2001", et qu'elles devraient toucher les deux tours du WTC. Le Maroc transmet cette information à Washington (AFP, 22 novembre 2001). Le 23 août, le Mossad livre à la CIA une liste comportant 19 noms de terroristes vivant aux Etats-Unis, et qui semblent se préparer pour une attaque imminente. On connaît quatre de ces noms : Nawaf Alhazmi, Khalid Almihdhar, Marwan Alshehhi et Mohamed Atta ; ce sont quatre des pirates de l'air du 11 septembre (Die Zeit, 2 octobre 2002, Der Spiegel, 1er octobre 2002). Ce n'est là qu'un petit échantillon des avertissements reçus par les Etats-Unis.

Une dizaine de pays ont donc, plusieurs mois avant le 11 septembre, transmis aux autorités américaines les informations suivantes : le nom de l'organisation qui préparait les attentats, les noms de certains des pirates de l'air, la période durant laquelle les attentats allaient avoir lieu, la méthode qui allait être employée, et même certaines cibles. "No specific threat", nous ont pourtant dit tous les officiels américains. C'est vrai : il leur manquait le jour précis et l'heure...

C'est exactement le jugement que porte, avec ironie, la désormais célèbre Sibel Edmonds (dans un article de The Independent, daté du 2 avril 2004) : "President Bush said they had no specific information about 11 September and that is accurate but only because he said 11 September... There was, however, general information about the use of airplanes and that an attack was just months away." Sibel Edmonds est une ancienne traductrice du FBI, qui fut chargée de traduire, au lendemain du 11 septembre, des documents liés aux attentats. Dès mars 2002, elle était renvoyée, après avoir signalé à ses supérieurs certains faits graves : elle avait, en effet, découvert, dans les documents qu'elle avait eus entre les mains, que d'importantes personnalités au FBI et dans l'administration Bush étaient au courant, plusieurs mois avant le 11 septembre, qu'une attaque terroriste de grande ampleur, organisée par Al-Qaida, aurait lieu sur le territoire américain, et impliquerait des avions. Peu après son renvoi, Edmonds fit l'objet d'un "gag order", une mesure exceptionnelle l'assignant au silence, lui interdisant de révéler la teneur exacte des faits qu'elle reprochait et de documenter ses propos. Le 11 février 2004, elle est allée témoigner devant la Commission sur le 11 septembre. Le rapport final de la Commission, paru le 22 juillet 2004, et gros de 567 pages, n'a pas retenu son témoignage (le nom de Sibel Edmonds n'apparaît qu'une seule fois, dans une ridicule note de bas de page). Alors, le 1er août 2004, elle décide d'écrire une lettre au Président de la Commission, Thomas Kean. Dans cette longue lettre, nous pouvons lire, notamment, qu'en avril 2001, un informateur du FBI transmit à l'agence les informations suivantes : "1) Osama Bin Laden was planning a major terrorist attack in the United States targeting 4-5 major cities, 2) the attack was going to involve airplanes, 3) some of the individuals in charge of carrying out this attack were already in place in the United States, 4) the attack was going to be carried out soon, in a few months." Sibel Edmonds ne reçut aucune réponse de la part de Thomas Kean.

La grande presse américaine a parfois pris acte du mensonge officiel, comme dans cet article du Wall Street Journal, daté du 19 septembre 2002, et qui s'ouvre sur ces mots : "Intelligence agencies were aware of numerous threats that terrorists might use airplanes as weapons against the U.S., despite government claims following Sept. 11 that the World Trade Center and Pentagon attacks came like bolts from the blue." En dépit des informations qui s'accumulent et qui prouvent que les autorités américaines savaient qu'un attentat d'envergure allait avoir lieu sur leur sol, avec l'utilisation d'avions de ligne comme armes pour attaquer des bâtiments symboliques, celles-ci continuent de nier l'évidence et campent fermement sur leurs positions. C'est le cas de l'intraitable docteur Rice, qui, dans un article qu'elle a signé le 22 mars 2004 dans le Washington Post, écrivait : "Despite what some have suggested, we received no intelligence that terrorists were preparing to attack the homeland using airplanes as missiles, though some analysts speculated that terrorists might hijack airplanes to try to free U.S.-held terrorists." Effarant.

Rice a maintes fois répété que personne ne pouvait imaginer, avant le 11 septembre, que des avions de ligne puissent être utilisés comme des missiles pour frapper des immeubles. A l'en croire, le scénario du 11 septembre était proprement inconcevable. Admettons l'impossible : faisons comme si Rice n'avait pas eu connaissance des innombrables avertissements étrangers qui laissaient assez précisément imaginer le scénario du 11 septembre. Rice ne peut pas, en revanche, ignorer le scénario complet de l'Opération Bojinka, qui préfigure exactement celui du 11 septembre. L'Opération Bojinka est un projet terroriste d'attentats-suicides, qui était déjà financé par Oussama Ben Laden, planifié par Khalid Shaikh Mohammed (le cerveau présumé des attentats du 11 septembre) et Ramzi Youssef (l'un des principaux responsables du premier attentat contre le WTC en 1993), et qui a été déjoué in extemis en 1995 par la police de Manille. Ce projet prévoyait, en guise de préambule, l'assassinat du pape Jean-Paul II, lors de sa visite aux Philippines. Le projet Bojinka proprement dit comportait deux phases. La première consistait à faire exploser simultanément en plein vol, au-dessus de l'océan Pacifique, 11 ou 12 avions de ligne à destination des Etats-Unis. La deuxième phase consistait à détourner une douzaine d'avions pour les projeter contre des bâtiments américains emblématiques ; étaient notamment cités : le quartier général de la CIA, la Sears Tower à Chicago, le Pentagone, le Capitole, la Maison Blanche, la Transamerica Tower à San Francisco, une centrale nucléaire, et le World Trade Center. D'après le quotidien allemand Die Welt, daté du 7 décembre 2001, "le "Projet Bojinka" était connu jusqu'au détail des deux grandes agences de sécurité des Etats-unis, le FBI et la CIA", mais aussi "des services de renseignement allemand (BND)."

L'idée que le World Trade Center puisse servir de cible pour un crash d'avion terroriste était même déjà dans l'air... en 1993 ! Suite au premier attentat, qui avait eu lieu cette année, il fut demandé à la société Kroll Associates de concevoir de nouvelles mesures de sécurité pour le complexe du WTC. Le Vice-Président de Kroll, Brian Michael Jenkins, mena cette étude, et imagina notamment à quoi pourraient ressembler les futures menaces terroristes. Et, devinez quoi... il émit cette idée, pourtant inconcevable pour Madame Rice avant le 11 septembre, selon laquelle des terroristes pourraient délibérément envoyer un avion de ligne se fracasser dans les tours du WTC : "The possibility, albeit remote, of terrorists deliberately crashing a plane into the towers was even included in the spectrum of possible threats." (voir ce document, page 11)

Le mensonge des officiels américains est donc avéré : le scénario du 11 septembre avait été imaginé, certes très vaguement, dès 1993 par Brian Michael Jenkins ; élaboré avec précision et sur le point d'être mis en oeuvre par Al-Qaida en 1995, avec l'Opération Bojinka ; et enfin annoncé, par bribes, aux services de renseignement américains, par différents informateurs du monde entier, principalement durant l'été 2001.

Des terroristes inconnus ?

Mais il y a peut-être encore plus grave. Car si le scénario des attentats n'était pas étranger aux services de renseignement américains avant le 11 septembre, il semble bien que, contrairement à ce qu'on nous a dit, un certain nombre des kamikazes ne leur étaient pas étrangers non plus. Si l'on en croit le Chicago Tribune du 13 décembre 2001, seuls deux des kamikazes avaient suscité l'attention de la CIA et du FBI avant le 11 septembre : "The only hijackers to have come to the FBI's attention before Sept. 11, according to a well-placed source, were Khalid Almihdhar and Nawaf Alhazmi, whom the Central Intelligence Agency learned had met in Malaysia with two Al Qaeda operatives later involved in the suicide bombing of the destroyer USS Cole in Yemen." Leur identification par la CIA comme membres d'Al-Qaida avait eu lieu dès janvier 2000 (voir ici), mais n'avait été portée à la connaissance du FBI qu'au printemps 2001 (The New York Times, 9 août 2005).

L'information de cette double identification est corroborée, à une nuance près, par Newsweek, dans un article du 20 septembre 2001 : "U.S. officials say that at least three of the hijackers—al Midhar, his associate aboard the Pentagon flight, Nawaf al Hamzi, and Mohammed Atta, who was on American Airlines flight 77—had been known as associates of Islamic terrorists well before last Tuesday’s attacks." Mohamed Atta ? Lui aussi identifié ? Ce n'est pourtant pas la version qu'a finalement retenue la Commission sur le 11 septembre. Selon elle, le chef des pirates de l'air avait été ignoré des services de renseignement américains jusqu'au 11 septembre ; c'est ce que nous rappellait encore le New York Times dans un article du 23 août 2005 : "In its final report last year, the Sept. 11 commission said that American intelligence agencies were unaware of Mr. Atta until the day of the attacks."

Cette version des faits a volé en éclats depuis la révélation, le 19 juin 2005 dans The Times Herald, de l'existence d'une unité de renseignement militaire qui avait, selon toute vraisemblance, repéré Atta, ainsi que trois autres des futurs pirates de l'air (Marwan Alshehhi, ainsi que les déjà reconnus Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi), plus d'un an avant le 11 septembre ! Les quatre hommes avaient été identifiés comme des membres d'Al-Qaida oeuvrant aux Etats-Unis, dans la cellule dite "de Brooklyn". Alors que, répétons-le : "Neither Mr. Shehhi nor Mr. Atta was identified by the American intelligence agencies as a potential threat, the commission report said." (The New York Times, 9 août 2005) L'unité de renseignement qui fit cette découverte était placée sous l'autorité du Commandement des Opérations Spéciales de l'armée des Etats-Unis (SOCOM), et avait pour nom "Able Danger". Un nom qui se trouve aujourd'hui au centre de la polémique outre-Atlantique sur le 11 septembre (retrouvez une présentation vidéo de cette affaire dans le très conspirationniste Everybody's Gotta Learn Sometime, à partir de la 22e minute).

L'affaire a été véritablement médiatisée grâce à l'intervention du représentant républicain du Congrès Curt Weldon, le 27 juin 2005, devant la Chambre des Représentants (à lire ici). Weldon tient ses informations - comme il le sera révélé un peu plus tard - du Lieutenant-Colonel Anthony Shaffer, qui prétend avoir été associé à l'unité de renseignement Able Danger. Ces allégations ont été confirmées le 22 août 2005 par Scott Philpott, un Capitaine de la Navy (voir The New York Times, ou Fox News) ; selon ce dernier, "Atta was identified by Able Danger by January-February of 2000" (plus d'un an et demi avant les attentats). Et le 27 août 2005, c'était au tour d'une troisième source, J.D. Smith - qui prétend avoir travaillé sur l'aspect technique de l'opération Able Danger -, de confirmer cette incroyable histoire : "I am absolutely positive that he [Atta] was on our chart among other pictures and ties that we were doing mainly based upon [terror] cells in New York City" (Fox News).

L'unité Able Danger a donc identifié certains des pirates de l'air bien avant le 11 septembre ; mais ce n'est pas tout : car Curt Weldon livra encore, dès sa première intervention le 27 juin, ou dans les semaines qui suivirent, trois autres informations fort problématiques :

Premièrement : suite à leurs découvertes, les membres de l'unité Able Danger avaient recommandé au SOCOM que le FBI soit chargé de démanteler la cellule de Mohamed Atta ; mais les avocats travaillant pour le SOCOM leur avaient rétorqué que ces informations ne pouvaient pas être partagées avec le FBI. Motifs invoqués : Atta et ses complices étaient aux Etats-Unis en règle, bénéficiant d'une "green card" ; de plus, on craignait de revivre, avec l'intervention du FBI, le carnage qui avait suivi, en 1993, le siège de Waco.

Deuxièmement : le Lieutenant-Colonel Anthony Shaffer a témoigné devant la Commission sur le 11 septembre au sujet de l'unité Able Danger (il aurait même informé personnellement Zelikow, son directeur exécutif, en octobre 2003) ; mais la Commission, dans son rapport final, ignora ce témoignage. A en croire pourtant sa propre déclaration d'intention, son but était : "to provide the fullest possible account of the events surrounding 9/11"... Pourquoi avoir donc passé sous silence le témoignage de Shaffer ? Thomas Kean et Lee H. Hamilton, respectivement Président et Vice-Président de la Commission, ont répondu le 12 août 2005 à cette critique, en disant qu'ils avaient demandé au Ministère de la Défense des informations concernant Able Danger, mais que rien dans les documents qu'on leur avait fournis n'indiquait une quelconque identification de Mohamed Atta ou d'autres terroristes...

Troisièmement : Curt Weldon déclara devant la Commission Judiciaire du Sénat, le 21 septembre 2005, que 2,5 téraoctets de données sur Able Danger avaient été détruits à l'initiative d'avocats du Pentagone (pour information, 2,5 téraoctets de données équivalent environ au quart des documents imprimés que renferme la bibliothèque du Congrès américain...). Le témoignage de Weldon ne tarda pas à trouver confirmation. De la part de celui-là même qui avait opéré cette destruction. En effet, le Commandant Eric Kleinsmith affirma à son tour sous serment qu'il reçut, de la part du Général Tony Gentry, l'ordre de détruire les informations concernant Able Danger. Il précise avoir exécuté l'ordre entre mai et juin 2000 (voir ici ou ).

Ce n'est pas sans ironie que Curt Weldon put déclarer, suite à toutes ses révélations : "In two weeks with two staffers, I've uncovered more in this regard than they did with 80 staffers and $15 million of taxpayer money." A ce jour pourtant, les autorités américaines n'ont jamais reconnu les témoignages de Weldon, Shaffer, Philpott et Smith. Le 14 février 2006, Weldon revenait, certes, à l'assaut, affirmant que certaines données concernant Able Danger avaient pu être retrouvées (ici). Mais, le 22 septembre 2006, il devait recevoir le coup de grâce en lisant le Washington Post ; un article annonçait le "verdict" du Ministère de la Défense sur toute cette affaire : "The Defense Department's inspector general has concluded that a top secret intelligence-gathering program did not identify Mohamed Atta or any other hijacker before the Sept. 11, 2001, attacks, determining that there is no evidence to substantiate claims that Atta's name and photograph were on charts collected by military officials before the strikes." Affaire classée ? En tout cas, Weldon a fait savoir qu'il rejetait les conclusions du rapport du Ministère de la Défense.

Mais, d'ailleurs, pourquoi se focaliser sur Able Danger ? Parce que c'est cette unité qui aurait, pour la toute première fois, identifié certains des pirates de l'air avant le 11 septembre ? Il semble bien que ce ne soit même pas le cas ; car Atta et certains de ses complices avaient été identifiés dès... 1998 ! Par les services de renseignement allemands. Ceux-ci surveillèrent, en effet, dès novembre 1998, une cellule d'Al-Qaida basée à Hambourg, qui comptait, parmi ses membres, Mohamed Atta et Marwan Alshehhi. Il semble même que la CIA se mit à filer Atta à Hambourg dès janvier 2000, sans en avertir les Allemands (voir ici et ). Voici ce qu'on pouvait lire à ce sujet dans The Observer le 30 septembre 2001 : "Atta was not unknown to the authorities. Indeed he was under surveillance between January and May last year after he was reportedly observed buying large quantities of chemicals in Frankfurt, apparently for the production of explosives and for biological warfare. The US agents reported to have trailed Atta are said to have failed to inform the German authorities about their investigation. The disclosure that Atta was being trailed by police long before 11 September raises the question why the attacks could not have been prevented with the mens' arrest."

Et ce n'est pas fini. Dernières révélations en date, celles de l'hebdomadaire allemand Stern ; d'abord, le 14 août 2003 : on y apprenait alors que Marwan Alshehhi était en fait suivi par la CIA dès mars 1999 ! Les services secrets allemands avaient, à cette époque, averti leurs homologues américains des liens étroits qui unissaient le jeune étudiant à un certain Mohammed Haydar Zammar, membre éminent du réseau Al-Qaida en Allemagne. Ils leur avaient communiqué de nombreuses informations sur Alshehhi, y compris son numéro de téléphone portable... Il semble que la CIA n’ait jamais communiqué ces informations au FBI. Ce qui permit à Alshehhi de se rendre tranquillement aux Etats-Unis, en mai 2000, pour y prendre des leçons de pilotage (voir ici, ou ).

Enfin, le 20 août 2003, le magazine Stern nous apprenait cette fois-ci que la CIA surveillait, dès janvier 2000, Ziad Jarrah, autre membre de la cellule de Hambourg, et futur kamikaze (à lire ici, ou ). Une information à mettre en perspective avec cette autre information, révélée par le Chicago Tribune du 13 décembre 2001, et qui laisse songeur : Jarrah avait déjà été arrêté et interrogé aux Emirats arabes unis, plus de sept mois avant le 11 septembre, à la demande des Etats-Unis (probablement de la CIA), en raison de ses liens avec le terrorisme. Au cours de l'interrogatoire, Jarrah avait révélé avoir passé les "deux mois et cinq jours" passés au Pakistan et en Afghanistan, et indiqué qu'il s'apprêtait à retourner en Floride, où il avait déjà vécu et pris des cours de pilotage durant plus de six mois. Le FBI, pour sa part, avouera après les attentats n'avoir jamais été mis au courant qu'une autre agence de renseignement américaine suspectait Jarrah d'être lié à des organisations terroristes, pas plus qu'elle ne sut que Jarrah s'était rendu en Afghanistan.

Récapitulons : si l'on en croit les sources officieuses (qui contredisent la version officielle), en mars 1999, la CIA commence à filer Marwan Alshehhi. En janvier 2000, elle se met à surveiller Mohamed Atta, Khalid Almihdar, Nawaf Alhazmi, et Ziad Jarrah. Selon Peter Franssen, ces cinq personnages étaient les chefs de groupes des 19 pirates. Parmi eux, on retrouve, en outre, trois des quatre pilotes du 11 septembre : Atta (Vol 11, crashé sur la Tour Nord du WTC), Alshehhi (Vol 175, crashé sur la Tour Sud du WTC) et Jarrah (Vol 93) - Hanjour étant le quatrième (Vol 77, crashé sur le Pentagone). Tous ces bonshommes, identifiés comme des membres d'Al-Qaida, prennent des cours de pilotage aux Etats-Unis, sous leurs vrais noms. Al-Qaida qui, on s'en souvient, projeta d'exécuter, en 1995, l'épouvantable opération Bojinka, consistant, dans sa seconde phase, à détourner des avions de ligne pour les crasher contre des buildings américains... Du 15 janvier au mois d'août 2000, Alhazmi et Almihdhar vivent à San Diego ; ils y achètent une voiture d'occasion, ouvrent des comptes bancaires, demandent un raccordement téléphonique, disposent d'un numéro de sécurité sociale... à leurs vrais noms. En 2001, Alhazmi et Jarrah, terroristes-déjà-identifiés, sont arrêtés pour excès de vitesse ; mais leurs noms ne figurent bizarrement pas sur la liste des personnes recherchées... Les futurs kamikazes pourront acheter tranquillement leurs billets d'avion pour le 11 septembre, encore une fois sous leurs vrais noms.

Si l'on met en perspective ces informations avec ce que nous avons déjà dit, à savoir que les services de renseignement américains avaient manifestement identifié, quelques mois avant le 11 septembre, une menace terroriste imminente et de très grande ampleur, consistant pour Al-Qaida à détourner des avions de ligne pour les crasher contre des bâtiments symboliques sur le sol américain, pouvant inclure le World Trade Center... on a de quoi rester perplexe. On sait que les autorités américaines ont plaidé l'incompétence, ou du moins une mauvaise coopération entre les différentes agences de renseignement, un manque d'échanges d'informations entre elles ; si l'on admet ce que nous révèlent les sources officieuses, la quantité d'informations était telle, avant le 11 septembre, au sujet de ces attentats et aussi de ceux qui pouvaient les perpétrer, qu'il faut supposer un niveau de dysfonctionnement dans ces agences qui est assez inouï. Cela n'en reste pas moins possible. Ce qui n'est, néanmoins, pas du tout l'avis de l’ancien procureur fédéral américain au criminel, John Loftus : "The information provided by European intelligence services prior to 9/11 was so extensive that it is no longer possible for either the CIA or FBI to assert a defence of incompetence." (cité dans l'article de Michael Meacher dans The Guardian) La suspicion qui a même gagné récemment, certes pour d'autres raisons, essentiellement techniques et scientifiques, un ancien membre de l'administration Reagan, Paul Craig Roberts...

Petite conclusion générale

La Commission sur le 11 septembre avait pour but : "to provide the fullest possible account of the events surrounding 9/11". Elle a pourtant oublié de mentionner la chute de la tour 7 du WTC ; elle a oublié d'évoquer le possible rôle joué par les "war games" le matin du 11 septembre ; elle a oublié de parler de Mahmoud Ahmad, l'ancien patron de l'ISI, qui a, selon toute vraisemblance, versé 100 000 dollars à Mohamed Atta durant l'été 2001, et qui a donc participé à financer les attentats ; elle a négligé le témoignage de Sibel Edmonds, qui a déclaré avoir vu des documents qui prouvent une connaissance anticipée, au moins partielle, des attentats de la part du FBI et de l'administration Bush ; elle a tu l'opération Able Danger, qui avait, semble-t-il, identifié quatre futurs kamikazes bien avant le 11 septembre ; elle a ignoré le témoignage de Scott Forbes et sa demande pour qu'une enquête soit menée sur la coupure de courant de plus de 26 heures qu'a connu une partie importante de la Tour Sud du WTC 48 heures avant qu'elle ne tombe... Inutile d'aller plus loin. Ces seuls éléments suffisent à montrer que la Commission n'a pas fait son travail, n'a pas répondu au but qu'elle s'était elle-même fixée. Rappelons, en outre, que le NIST n'a pas étudié l'effondrement des tours du World Trade Center, et n'a pas essayé de comprendre d'où pouvait provenir le métal fondu retrouvé dans les ruines, son étude s'étant "focalisée sur l’ordre des événements depuis l’instant où l’avion s’est écrasé jusqu’à l’amorce de l’effondrement de chaque tour", sans prendre en compte "le comportement structurel de la tour après que les conditions de déclenchement de l’effondrement ont été atteintes…". Cela fait tout de même beaucoup de lacunes pour une enquête menée sur un si grand événement, sur un drame si lourd de conséquences.

Question de méthode

Malgré les précautions que j'ai prises en préambule à cette série d'articles, certains auront encore, je le crains, tendance à ranger ma démarche de questionnement dans la longue série des délires conspirationnistes. Car en posant des questions et en mettant sous le nez des internautes des faits, des coïncidences et des mensonges "troublants", j'insinue nécessairement quelque chose, pense-t-on, j'insinue l'implication du gouvernement américain dans les attentats du 11 septembre... Eh bien, non. Je me refuse à insinuer quoi que ce soit, je me refuse à proposer quelque thèse que ce soit, conscient que je n'en suis pas capable. Des soupçons peuvent évidemment s'immiscer dans mon esprit à la considération de tel ou tel élément ; mais je ne pense pas, à ce jour, avoir trouvé un fondement stable à d'éventuelles accusations. J'attends l'avis de gens mieux informés que moi, leur réaction face aux questions (légitimes ou pas, je ne sais) que je soulève, avec beaucoup d'autres.

Je me désolidarise ainsi totalement des vrais "complotistes" qui pullulent sur le Net, et qui prétendent nous révéler la vérité cachée sur le 11 septembre. Je me méfie des "révélations", et des prétendus initiés qui pensent connaître le sens caché du monde.

J'avais plutôt vanté (dans mon précédent article) le film Loose Change, pour la démarche de questionnement (à grande échelle) qu'il avait inaugurée, et pour les nombreuses informations qu'il apportait à un public qui n'avait jamais fait trop de recherches sur le 11 septembre. Cela dit, je réprouve sa méthode. Son montage "branché" et racoleur, ce ton tellement partisan, cette façon de nous poser des questions en nous suggérant immédiatement où se situe la vérité, cette suffisance qui consiste à penser qu'on a déjà tout compris, qu'on connaît le fin mot de l'histoire. Je réprouve l'usage de citations tronquées, amputées d'un contexte qui en change parfois radicalement le sens, ces reprises de rumeurs qui ont pourtant été démenties (comme l'idée selon laquelle le Vol 93 aurait atterri à Cleveland), pour le dire d'un mot, cette manipulation. Nul doute que les auteurs de ce film recherchent sincèrement la vérité, mais leur méthode contestable dessert leur cause. Car, au milieu de tous ces errements, il y a des bribes de vérités, des éléments (semble-t-il) fort valables qui méritent vraiment qu'on s'y arrête. Le principal reproche que je ferai à un film comme Loose Change, au fond, c'est de céder à la tentation de faire du cinéma, du spectacle, en faisant mine de ne faire qu'une enquête journalistique. Bref, le mélange des genres. Loose Change est un film séduisant ; la vérité nue est, en général, moins affriolante.

Des reproches analogues pourraient être adressés à un autre film dont j'avais aussi parlé : Who killed John O'Neill ?. Nous avons là un mélange indistinct de vérités, d'approximations, de raccourcis, et puis d'insinuations, d'hypothèses, ou plutôt de thèses (car elles sont présentées sans aucune prudence), complètement hasardeuses (comme celle, par exemple, selon laquelle Al-Qaida ne serait, en fin de compte, qu'un cartel de drogue...) ; tout ceci habillé par une mise en scène et une musique prenantes, en jouant avec notre désir de savoir, notre envie d'aller au-delà de ce qu'on a bien voulu nous dire, en insinuant des tas de choses, mais en ne prouvant pratiquement rien, en faisant mine de reconstituer un gigantesque puzzle, jusqu'à nous "bourrer le crâne" avec une nouvelle croyance. Tout ce méli-mélo pour nous livrer, une bonne fois pour toutes, la clé de l'énigme. Pour faire taire, une bonne fois pour toutes, toutes les questions, et pouvoir se reposer, enfin, dans la certitude. On fait mine de poser des questions, alors qu'on possède déjà, semble-t-il, sa conclusion. L'empressement et l'obsession de conclure, lorsqu'on recherche la vérité, ne sont pas de bons guides. Cela amène à simplifier à outrance, à déformer, à juger, et, finalement, à faire du cinéma. Et face à un produit aussi séduisant, le spectateur peu averti peut aisément perdre son esprit critique, et gober la "version alternative" qu'on lui aura fourguée dans la caboche, certain de faire à son tour partie de la petite communauté d'initiés qui connaît la vraie vérité que tous les autres s'évertuent à cacher.

Voici, pour finir, un exemple de petit clip "conspirationniste" réalisé sur le crash du Pentagone, et qui utilise les pires méthodes qui soient pour tenter de prouver qu'aucun Boeing n'est tombé là. On sélectionne les seuls témoignages qui confirment notre croyance, on nous indique qu'ils sont oculaires alors qu'ils sont essentiellement auditifs, on dissimule tous les autres témoignages - réellement oculaires - qui la contredisent, et qui sont beaucoup plus nombreux, on tronque des citations pour leur faire dire ce qu'elles ne disent pas lorsqu'elles sont complètes, on joue avec des images peu explicites, on pose au spectateur des questions "troublantes" auxquelles, bien entendu, il ne peut pas répondre, mais qui suggèrent qu'on lui ment, on lui demande, par exemple, ce qui peut bien se cacher sous une grosse bâche bleue que des hommes s'empressent d'emmener ailleurs, alors que d'autres images ont montré qu'il s'agissait d'une des nombreuses tentes bleues qui ont été installées devant le Pentagone à la suite du crash, on démarre le clip avec un discours (semble-t-il) d'Hitler en fond sonore, on saupoudre ensuite tout ça d'un peu de musique des Dust Brothers et de Marilyn Manson, et le tour est joué : toutes les interrogations légitimes soulevées par ailleurs sont discréditées par ce déluge de mauvais procédés.

Quand on voit les procédés utilisés par de nombreux conspirationnistes pour asséner leur "vérité", on a presque envie de se ranger, par réaction, dans le camp de ceux qui acceptent sans sourciller l'histoire officielle. Aux clips et autres films à sensation, je crois qu'il faut définitivement préférer la froide analyse. Car la passion, même si elle est à la base de la démarche de réflexion, est, lorsqu'il s'agit de penser, mauvaise conseillère. Ou alors, il faut être bien conscient des mouvements passionnels qui nous animent, et qui peuvent nous tromper, nous égarer. Et accepter d'avance l'idée qu'on est peut-être en train de s'égarer. Et accepter d'être corrigé, de renier certaines de ses idées bien installées. Moi-même, j'ai peut-être, dans ces articles, participé à colporter pas mal de bêtises, qui sait... Il faut simplement espérer qu'elles finiront par être détectées et corrigées, et qu'elles participeront à tracer un chemin vers une histoire officielle plus crédible, moins pleine de trous et moins recouverte d'ombres. Seule la pensée froide nous y mènera peut-être...
Par Taïké Eilée
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Mardi 17 octobre 2006

3. Une accumulation de coïncidences


Après avoir évoqué, dans l'article précédent, les principaux faits que je juge troublants au sujet du 11 septembre, passons aux coïncidences, dont l'accumulation a de quoi... titiller nos méninges.

La première coïncidence est sans doute la plus forte, car elle offre un cadre explicatif fort commode aux attentats du 11 septembre. En septembre 2000, le PNAC [Project for the New American Century], un "think thank" néo-conservateur, publie un document intitulé "Reconstruire les défenses américaines" ; il s'agit d'un plan vers une domination américaine planétaire, qui préconise notamment une prise de contrôle militaire de la région du Golfe et une hausse significative des dépenses militaires ; il précise que le processus de transformation des Etats-Unis en "une future force dominante" pourrait s’avérer long sans un "quelconque événement catastrophique qui, tel un nouveau Pearl Harbor, servirait de catalyseur". Un an plus tard, l'Amérique connaissait son "nouveau Pearl Harbor", envahissait dès octobre 2001 (en guise de représailles) l'Afghanistan, puis l'Irak (supposé allié d'Al-Qaida) en mars 2003, et l'on assista, entre 2001 et 2006, à une explosion des dépenses de sécurité, passant de 16,8 milliards à 55 milliards de dollars.

Un excellent article "coup de poing" de Michael Meacher, ancien ministre britannique de l'Environnement, paru dans le Guardian le 6 septembre 2003, est à lire impérativement (ici en anglais, en français). Les attentats du 11 septembre ont constitué, nous rappelle-t-il, une aubaine pour l'administration Bush, un prétexte parfait "pour mettre en branle le plan du PNAC", pour mettre en oeuvre une politique guerrière planifiée de longue date. Selon l'ancien ministre, "il est clair que les autorités américaines ont fait peu ou rien pour empêcher les événements du 11 septembre. Au moins 11 pays ont averti à l’avance les Etats-Unis des attaques du 11 septembre." Meacher met aussi en cause la réaction américaine suite aux attentats ; selon lui, "aucune opération sérieuse ne fut tentée pour capturer Oussama Ben Laden." Il ne croit pas à "une guerre réelle et déterminée au terrorisme", qui porte, selon lui, "l’estampille d’un mythe politique propagé aux fins d’un tout autre agenda - le plan des Etats-Unis vers l’hégémonie mondiale, nécessitant la prise par la force du contrôle des approvisionnements de pétrole".

Deuxième coïncidence, qui vient préciser la première : le 30 septembre 2001, soit à peine 19 jours après les attentats, Donald Rumsfeld, le Secrétaire à la Défense, dépose son "Quadrennial Defense Review Report", qui expose la stratégie militaire du Pentagone, les réformes fondamentales et les dépenses du Ministère de la Défense. Le 11 septembre y est utilisé constamment pour justifier la stratégie proposée, les réformes de l'armée, et surtout les grandes dépenses demandées. Si bien qu'on se demande comment Rumsfeld aurait défendu son plan, si les attentats n'avaient pas eu lieu (source : ici). D'ailleurs, dès les premières heures qui suivirent la catastrophe, le 11 septembre, Rumsfeld fit preuve d'un formidable opportunisme, en interpellant, au cours d'une conférence de presse, le sénateur démocrate Carl Levin ; il était 18h42 : "Vous, ainsi que d’autres représentants démocrates au Congrès, avez exprimé la crainte de ne pas avoir les moyens de financer l’importante augmentation des budgets de défense sollicitée par le Pentagone, notamment la défense anti-missiles. Vous craignez d’avoir à puiser dans les fonds de la Sécurité sociale pour financer cet effort. Est-ce que le genre d’événements qui vient de se produire suffit à vous convaincre qu’il est urgent pour ce pays d’augmenter les dépenses consacrées à sa défense et que, s’il le faut, il faudra puiser dans les fonds de la Sécurité sociale pour payer les dépenses militaires ? - l’augmentation des dépenses militaires ?" (source : ici). [MAJ : c'est, en fait, un journaliste qui interpelle Carl Levin, et non pas Donald Rumsfeld, comme le soutient le Réseau Voltaire. La preuve en image, à 11 min 30. La retranscription de la conférence de presse sur le site actuel du DoD indique bien que c'est un journaliste qui interpelle Levin. Mais avant 2003, c'était Rumsfeld qui apparaissait comme l'auteur de cette "attaque". Voir les archives de cette page du site du DoD.]

On peut aussi s'étonner des prémonitions saisissantes de Donald Rumsfeld, plusieurs mois avant les attentats, puis le matin même du 11 septembre. Ainsi, alors qu'il regarde à la télévision, dans son bureau du Pentagone, les événements qui se déroulent à New York, il annonce à Christopher Cox (le président de la commission de la Défense de la Chambre des représentants), qui se trouve à ses côtés et qui nous rapporte ses propos : "Croyez-moi, ce n’est pas encore fini. Il va y avoir une autre attaque et elle pourrait être pour nous" (The Daily Telegraph, 16 décembre 2001). Fort de cette préscience (ou de cette simple crainte), pourquoi Rumsfeld n'a-t-il pas ordonné aux chasseurs de la base militaire Andrews (située à faible distance du Pentagone) de décoller pour protéger le bâtiment ? Car il faut savoir que toute intervention militaire dans le cas d'un détournement d'avion doit recevoir, au préalable, l'approbation du Secrétaire à la Défense... Ceci est spécifié dans un document intitulé "CHAIRMAN OF THE JOINT CHIEFS OF STAFF INSTRUCTION" (ce document, daté du 1er juin 2001, modifiait les procédures à suivre en cas de détournement d'avion, en soumettant toute intervention militaire à l'approbation du Secrétaire à la Défense). La préscience rumsfeldienne qui nous est rapportée par le témoignage de Christopher Cox n'est bizarrement pas assumée par Rumsfeld lui-même, comme le montre cet extrait d'une interview qu'il accorda à ABC le 16 septembre 2001 :

Donaldson : On Tuesday I am told the FAA [Federal Aviation Administration] notified someone in the Pentagon that there was a rogue plane apparently headed toward Washington. But you didn't know it, am I correct ? -- until it hit ?
Rumsfeld : I was in the Pentagon and felt the shock of the attack, and --
Donaldson : What did you think it was ?
Rumsfeld : A bomb ? I had no idea.

Alors que quelques minutes plus tôt, il prévoit le crash d'un avion sur le Pentagone, au moment où cela survient effectivement, il n'a plus aucune idée de ce que cela peut être... Voyez, d'ailleurs, comment il élude complètement la première question : savait-il, lui aussi, comme le "someone" dont il est fait mention, qu'un avion détourné se dirigeait vers Washington, c'est-à-dire, grosso modo, dans la direction du Pentagone ? Difficile d'en douter.

Ce qui nous amène à une troisième coïncidence : le matin du 11 septembre, de nombreux exercices de simulation d'attentats (ou "war games") avaient lieu aux Etats-Unis. Des exercices finalement assez proches des attentats réels. Ainsi, les responsables de Chantilly en Virginie, la base du National Reconnaissance Office, avaient programmé un exercice au cours duquel un petit jet privé s’écrasait contre l’une des quatre tours du siège de l’agence. Une agence située à 40 km du Pentagone et à 6,5 km de l’aéroport international Dulles de Washington, d'où avait justement décollé, 50 minutes avant le début de l'exercice, le Boeing qui s'écrasa... sur le Pentagone. D'autres exercices faisaient intervenir des avions militaires jouant le rôle d’avions civils détournés au-dessus des USA. D'autres encore consistaient à placer des "faux blips" (signaux radar indiquant des avions qui sont en réalité virtuels) sur les écrans de contrôle aérien de la FAA. Dans ces conditions, nombre de hauts-gradés de l'armée américaine reconnurent qu'ils ne surent pas distinguer immédiatement les exercices de simulation des attentats réels. Bref, la confusion était totale. Durant cette matinée, on signala jusqu'à 29 appareils détournés. Impossible de savoir où il fallait envoyer des patrouilles, et quels bâtiments il fallait protéger en priorité.

La concomitance des exercices et des attentats facilita grandement la tâche des terroristes. Sans elle, leurs opérations auraient sans doute pu être interrompues. Le code de procédures pour les cas de détournement d’avion de la FAA aurait pu s'appliquer, comme ce fut le cas entre septembre 2000 et juin 2001, où des chasseurs furent dépêchés à 67 reprises à la suite de signalements de vols suspects (AP, le 13 août 2002). Il est légalement prescrit aux Etats-Unis, dès qu’un avion s’est sensiblement éloigné de son plan de vol, que des chasseurs soient envoyés afin d’évaluer la situation. Dans la confusion du 11 septembre, alors que le premier détournement, celui du Vol 11, avait été suspecté par la FAA dès 8h13, les deux premiers chasseurs ne décollèrent, dans le but de rattraper ce vol, qu'à 8h52... soit 6 minutes après son crash... (également 6 minutes après que l'ordre de décoller leur ait été donné, 26 minutes après que les contrôleurs aériens aient été sûrs que le Vol 11 avait été détourné, ou encore 39 minutes après qu'ils aient perdu le contact avec lui). Signalons encore qu'alors que les Twin Towers avaient été percutées respectivement à 8h46 et 9h03, et que de multiples détournements d'avions étaient suspectés, aucun chasseur ne fut envoyé de la base militaire Andrews (située à seulement 16 km de Washington), pour protéger la capitale américaine et aussi le Pentagone, avant le crash du troisième avion à 9h38... précisément sur le Pentagone (pour une information plus détaillée sur l'extrême et anormale lenteur de la réaction des chasseurs américains, et aussi sur le flou des différentes versions officielles, on peut se reporter à cet article de David Ray Griffin).

A en croire le commandant en chef de la Russian Air Force, le Général Anatoly Kornukov, un tel scénario est normalement impossible : "Generally it is impossible to carry out an act of terror on the scenario which was used in the USA yesterday. As soon as something like that happens here, I am reported about that right away and in a minute we are all up." (voir ici). Bref, on peut légitimement penser que les commanditaires des attentats du 11 septembre étaient informés des exercices qui se préparaient à l’intérieur des appareils d’Etat américains ; est-ce là cependant suffisant pour conjecturer qu'ils appartenaient, au moins pour une partie d’entre eux, à ces appareils d’Etat ?

Quatrième coïncidence : le Vol 77 s'écrase sur le Pentagone contre la seule aile du bâtiment qui était en cours de rénovation, et qui avait été renforcée pour pouvoir résister à une attaque. Cette zone était aussi, à ce moment-là, la moins peuplée. Pour l'atteindre, l'avion effectua une manoeuvre assez compliquée, une longue boucle de 270 degrés à grande vitesse, pour finalement s'approcher du bâtiment, dans les derniers hectomètres, en rasant littéralement le sol (comme le suggère la seule petite vidéo ridicule que les autorités américaines ont daigné transmettre au public). Ou comment un terroriste se complique la vie pour faire le moins de dégâts possible...

Cette manoeuvre réclamait incontestablement une très grande dextérité, "extraordinaire" même, comme ce fut notamment confirmé dans cet article du Washington Post : "Aviation sources said the plane was flown with extraordinary skill, making it highly likely that a trained pilot was at the helm..." Or, Hani Hanjour, le pilote présumé, fut décrit par ses propres instructeurs, dans les écoles de pilotage où il passa, comme un bien piètre pilote ("a very bad pilot"). "He could not fly at all", assure l'un d'eux, qui le connut sept mois avant le 11 septembre. D'autres instructeurs purent apprécier ses talents seulement un mois avant les attentats : "They found he had trouble controlling and landing the single-engine Cessna 172. Even though Hanjour showed a federal pilot's license and a log book cataloging 600 hours of flying experience, chief flight instructor Marcel Bernard declined to rent him a plane without more lessons." L'instructeur Bernard ajouta néanmoins : "He did have some ability as a pilot. There's no doubt in my mind that once that [hijacked jet] got going, he could have pointed that plane at a building and hit it" ; mais précisément, la manoeuvre réalisée le 11 septembre sur le Pentagone n'a pas consisté à "viser" simplement un bâtiment (pour le frapper en ligne droite) ; elle fut, au contraire, tellement compliquée et ardue que les contrôleurs aériens crurent spontanément qu'elle était réalisée par un avion de chasse ! (voir ici pour retrouver les sources, ou encore ou ).

Cinquième coïncidence : on retrouve dans les ruines du World Trade Center, sur Vesey Street (devant le Building 7), le passeport de l'un des pirates de l'air, Satam Al Suqami (et non pas Mohamed Atta, comme c'est souvent dit), autrement dit, un bout de papier qui a réussi la prouesse de s'extraire de l'avion avant que celui-ci ne soit pulvérisé dans une gigantesque boule de feu... alors qu'on ne retrouve pas, dans ces mêmes ruines, les boîtes noires des Vols 11 et 175, construites pourtant dans des matériaux quasi indestructibles.

Sixième coïncidence : le 12 juillet 2001, un agent de la CIA, Larry Mitchell, va rendre visite à Oussama Ben Laden, l'ennemi numéro 1 des Etats-Unis depuis 1998, alors que ce dernier est soigné pour de graves insuffisances rénales à l'hôpital américain de Dubaï. C'est Le Figaro et RFI qui sortent l'information le 31 octobre 2001, reprise par le Guardian le 1er novembre. Selon Le Figaro, l'agent de la CIA "aurait même été informé sur d'éventuels attentats." (sources : ici ou ). Aux yeux d'un profane, ce sont là des pratiques qui surprennent...

Septième coïncidence : du 4 au 13 septembre 2001, Mahmoud Ahmad, président de l'ISI, les services secrets pakistanais, est en visite officielle aux Etats-Unis. Le matin du 11 septembre, il prend son petit-déjeuner au Capitole en compagnie du sénateur Bob Graham (président du Comité du renseignement du Sénat) et du représentant Porter Goss (président du Comité du renseignement de la Chambre) ; les trois hommes s'entretiennent alors de terrorisme, et spécialement du terrorisme venant d'Afghanistan. Quelques jours avant le début de la guerre en Afghanistan le 7 octobre 2001, Ahmad est poussé à la démission, sous la pression des Américains. Officiellement, parce qu'il est trop proche des Talibans. La vraie raison ? Mahmoud Ahmad a tout simplement transféré, en juillet 2001, 100 000 dollars au chef présumé des pirates de l'air du 11 septembre, Mohamed Atta, par l'intermédiaire de Omar Saeed Sheikh (qui deviendra plus tard tristement célèbre pour le meurtre du journaliste américain Daniel Pearl). Ce sont les services secrets indiens qui sont à l'origine de cette révélation stupéfiante. L'information sera donnée dès le 8 octobre 2001 par Press Trust of India et le journal pakistanais The Dawn, avant d'être approfondie le 9 octobre par le très respecté Times of India, puis par de nombreux média occidentaux (AFP, Wall Street Journal, London Times...).

Depuis, Mahmoud Ahmad n'a fait l'objet d'aucune enquête, ni d'aucune poursuite, que ce soit de la part du Pakistan ou des Etats-Unis (sources). Quant au rapport de la Commission sur le 11 Septembre, il reste muet sur ces faits (voir ici). Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche le 16 mai 2002, un journaliste indien interrogea Condoleezza Rice sur toute cette histoire ; la Secrétaire d'Etat écarta la question d'un revers de main, prétendant qu'elle n'en avait jamais entendu parler (voir le film 9/11 Press For Truth à 68 min 05 sec, ou encore ici). Dans l'édition du 10 août 2004 du Times of India, on pouvait apprendre que cette piste n'avait toujours pas été creusée ("A money transfer from Karachi to the hijackers in Florida has never been fully explored or explained. Ahmad was never called to account for this..."). L'Asia Times, dans un article du 8 avril 2004, nous donne peut-être la raison de ce mutisme : "If Mahmoud was really involved in September 11, this means the Pakistani ISI - "the state within the state" - knew all about it. And if the intelligence elite in Pakistan knew it, an intelligence elite in Saudi Arabia knew it, as well as an intelligence elite in the US."

Huitième coïncidence (probablement insignifiante, mais dont beaucoup ont souligné l'ironie) : l'agent John O'Neill devient en 1995 le chef de la section anti-terroriste du FBI. Il travaille sur le premier attentat contre le WTC de 1993, et contribue à l'arrestation de son instigateur, Ramzi Youssef. Plus tard, il enquête sur Oussama Ben Laden et son organisation, Al-Qaida ; il devient même l'autorité la plus compétente du FBI en la matière. Durant six ans, il traque Ben Laden et ne cesse de mettre en garde l'Amérique contre sa menace grandissante. Mais le 22 août 2001, O'Neill démissionne de son poste, en raison d'obstructions répétées contre ses investigations, et parce qu'il ne se sent pas soutenu par son propre gouvernement. Il décide alors de changer d'horizon, et le 10 septembre, il investit son nouveau poste : celui de Chef de la Sécurité du WTC. Le lendemain, il est tué lors des attaques. Tué par son ennemi juré... L'ironie est d'autant plus grande que, quelques jours auparavant, O'Neill avait prophétisé son destin ; annonçant à l'un de ses amis son intention de travailler au WTC, celui-ci lui avait dit en plaisantant : "At least they're not going to bomb it again." O'Neill avait alors répondu : "They'll probably try to finish the job." (voir le portrait de John O'Neill tracé par The New Yorker).

Neuvième coïncidence : le week-end précédant le 11 septembre, la partie supérieure de la Tour Sud du WTC a connu une coupure de courant très inhabituelle d'au moins 26 heures. C'est Scott Forbes, administrateur de base de données pour Fiduciary Trust, qui en témoigne. Cette coupure de courant, qui devait servir à faire du re-câblage, était, selon lui, "sans précédent". Pendant toute sa durée, différents dispositifs ordinaires du bâtiment, comme le verrouillage des portes ou les caméras de surveillance, ne fonctionnaient plus. L'accès à la tour était alors libre. Scott Forbes raconte qu'il vit plusieurs techniciens en combinaison, portant des appareils de construction et des boîtes à outils, à l’intérieur du building. Voir tellement d’étrangers qui ne travaillaient pas ordinairement au WTC était, pour lui, très surprenant. Evidemment, Forbes a dû entendre parler de la théorie des démolitions contrôlées, et c'est pour cette raison que ces travaux dont il fut témoin, à l'abri des caméras de sécurité, lui paraissent louches... Forbes dit avoir contacté trois fois la Commission sur le 11 septembre pour lui raconter son histoire, et réclamer qu'une enquête soit menée sur cette mystérieuse coupure de courant ; il n'a jamais reçu de réponse, et la coupure de courant, à sa connaissance, n'a jamais été reconnue (son interview est à lire ici en français).

Dixième coïncidence : dans les six jours précédant le 11 septembre, un nombre particulièrement important d'options de vente furent placées sur des sociétés qui allaient être touchées par les attentats. Une option de vente est un pari sur la chute prochaine d'une action. Deux compagnies aériennes furent concernées par ces mouvements boursiers : United Airlines et American Airlines, les deux seules compagnies auxquelles appartenaient les avions détournés. Selon Michael C. Ruppert (ancien enquêteur de la police de Los Angeles, aujourd'hui rédacteur en chef de From the Wilderness), "les achats d’options à la baisse sur ces deux compagnies furent de 600 % au dessus de la normale". Un nombre également anormal d’options de vente furent achetées aux banques Merrill Lynch et Morgan Stanley (deux des principaux locataires du WTC), ainsi qu'à Axa Re et Munich Re (qui assuraient le complexe du WTC). Ces mouvements très inhabituels sont, selon certains, le signe évident de délits d'initiés (et donc la preuve de la connaissance préalable des attentats par ces initiés).

C'est bien sûr l'avis du Réseau Voltaire ("pro-conspirationniste"), qui, dans un article du 16 octobre 2001, nous proposait la réflexion suivante : "Les autorités de contrôle de chaque grande place boursière recensent les plus-values réalisées par les initiés. Les investigations sont coordonnées par l’Organisation internationale des commissions de valeurs (IOSCO). Le 15 octobre, elle a tenu une vidéo-conférence où les autorités nationales ont présenté leurs rapports d’étape. Il apparaît que les plus-values illicites porteraient sur des centaines de millions de dollars, constituant le "plus important délit d’initié jamais commis"." A l'autre bout de l'échiquier, si je puis dire, chez les "pro-Américains", on partage le même point de vue, comme sur le site Les 4 Vérités, un webzine de droite libérale, où, dans un article du 22 septembre 2001, l'on pouvait lire ceci : "Les terroristes responsables du massacre, non pas ceux qui ont sacrifié leur vie, mais ceux qui les avaient incités et aidés à le faire, semblent avoir réalisé la plus vilaine des spéculations que le monde ait jamais connues. En effet, dans les jours qui ont précédé le 11 septembre, des ordres de vente massifs ont été donnés sur les valeurs qui allaient nécessairement chuter brutalement après l'attentat... Ils ont gagné des millions de dollars. Mais l'enquête cherche maintenant à identifier les donneurs d'ordre, et ils seront identifiés dans les jours qui viennent." Les jours sont longs... Force est de constater que, cinq ans après, on attend toujours... Voici un troisième avis : le 20 septembre 2001, sur ABC News, Dylan Ratigan, journaliste à Bloomberg Business News (l'une des principales agences d’informations financières américaines), déclarait au sujet de toutes ces spéculations boursières douteuses : "This could very well be insider trading at the worst, most horrific, most evil use you've ever seen in your entire life... This would be one of the most extraordinary coincidences in the history of mankind if it was a coincidence." Il faut pourtant croire que ce fut une coïncidence ; c'est en tout cas le jugement que rendit la Commission sur le 11 septembre, dans une note de bas de page expéditive de son rapport, qui rejeta définitivement les allégations de délits d'initiés.

A cette incroyable "coïncidence", ajoutons cet incroyable dysfonctionnement : l'on sait que la CIA, comme beaucoup d’autres agences de renseignement, surveille les transactions financières en temps réel. Le but de cette pratique, c'est justement d’alerter les services de renseignement nationaux lorsqu'une anomalie se produit, car elle peut préfigurer des attaques telles que celles du 11 septembre. Or, la CIA n'a rien signalé du tout. (Pour plus d'information sur de possibles délits d'initiés, voir ici : la chronologie exhaustive de Paul Thompson.)

Après l'évocation des principaux faits et coïncidences troublants relatifs au 11 septembre, le prochain article traitera des mensonges des officiels...
Par Taïké Eilée
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Mercredi 18 octobre 2006

2. Des faits têtus


En préambule, voici un bref rappel de l'histoire officielle : l'organisation terroriste Al-Qaida, dirigée par Oussama Ben Laden, a envoyé 19 pirates de l'air détourner quatre avions de ligne pour les projeter sur les Twin Towers de Manhattan, le Pentagone et, probablement, pour le dernier attentat raté, la Maison Blanche ou le Capitole. Les passagers du Vol 93, dans un élan d'héroïsme admirable, s'étant soulevés, ont provoqué le crash anticipé de l'avion et ont ainsi déjoué les plans de leurs bourreaux. Les services de renseignement et le gouvernement américains ont, de leur côté, fait preuve de graves défaillances, puisqu'ils n'ont su ni prévenir, ni interrompre les attaques (en envoyant à temps les chasseurs).

Je ne vais pas énumérer ici les centaines de points qui font question quant à cette version. Ceux qui sont familiers du sujet les connaissent (presque) par coeur ; les autres les trouveront aisément sur d'innombrables sites, plus ou moins exhaustifs et plus ou moins honnêtes (par exemple, ici, , ou ). Sans oublier de consulter les réponses, souvent intéressantes, apportées par les "anti-sceptiques" (comme ici). Je vais me borner à l'essentiel, aux faits (puis aux coïncidences et mensonges) qui me semblent les plus saillants.

Premier fait : l'effondrement de la tour 7 du WTC. C'est, s'il faut en isoler un, le maillon faible de la théorie officielle. Le grand public, en général, ignore jusqu'à son existence. Les journaux télévisés n'en ont jamais parlé, et même le rapport de la Commission d'enquête n'en fait guère mention... Le 11 septembre 2001, à 17h20, ce building de 47 étages tombe sur lui-même, tout droit, à la vitesse approximative de la chute libre. Seuls des experts peuvent nous aider à comprendre la cause de cette chute. En 2002, un rapport gouvernemental de la FEMA [Federal Emergency Management Agency] concluait à ce sujet : “The specifics of the fires in WTC 7 and how they caused the building to collapse remain unknown at this time. Although the total diesel fuel on the premises contained massive potential energy, the best hypothesis has only a low probability of occurrence.” Pas de réponse officielle donc.

Voici, en vidéo, l'avis d'un autre expert (version courte sous-titrée en français, ou version longue sous-titrée en anglais). Il s'agit de Danny Jowenko, et son jugement est sans appel ; c'est une démolition contrôlée. Jowenko fut fort surpris d'apprendre que cet immeuble était tombé, lui aussi, le 11 septembre ; en effet, une opération de démolition contrôlée demande normalement une longue préparation. Notons son trouble et l'insistance avec laquelle il demande qu'on lui confirme la date de cette démolition. On comprend, en effet, que, si l'opération a été préparée avant le 11 septembre, ses instigateurs connaissaient nécessairement le scénario des attentats, incluant la chute des Twin Towers... Ce qui avaliserait l'idée d'un complot interne aux USA. Jowenko croit néanmoins possible la réalisation d'une telle opération en un laps de temps très court, durant la journée du 11 septembre, même s'il a du mal à envisager qu'elle ait pu se dérouler dans un immeuble en flammes. D'après lui, la décision de démolition aurait été prise par Larry Silverstein, le propriétaire du building, pour des raisons financières. Bref, on peut épiloguer sur les motifs de la décision, ou encore sur la possibilité de réaliser une telle opération en quelques heures... mais il semble difficile de nier le fait de la démolition contrôlée du building 7 du WTC.

Deuxième fait : les grandes quantités de métal fondu retrouvées plusieurs semaines après le 11 septembre sous les décombres des Tours Jumelles et du WTC7, et que ne peuvent avoir produit (semble-t-il) les seuls incendies. Sans oublier les observations qui ont été faites le 11 septembre même : celles d'une matière jaune-blanche, incandescente, qui s'échappait ou coulait de la Tour Sud peu avant qu'elle ne s'effondre, et qui pouvait faire penser à du métal en fusion, lors d'une réaction "thermite" (la thermite est un mélange d'oxydes métalliques et de poudre d'aluminium, dont la combustion dégage une chaleur intense).

Steven Jones (co-fondateur du mouvement Scholars for 9/11 Truth) est le physicien qui a avancé l'hypothèse de l’emploi d’une sorte de thermite sur les colonnes en acier des Tours Jumelles pour les affaiblir, avant que des explosifs ne finissent le travail de démolition. Retrouvez ici son étude complète "Why Indeed Did the WTC Buildings Completely Collapse ?". Elle a été traduite en français sur le site ReOpen911. Cette lecture, un peu longue, me semble indispensable. A la fin de l'article, Jones met en évidence la "légèreté" avec laquelle a été menée l'enquête officielle du NIST [National Institute of Standards and Technology] ; par exemple, il est dit, dans le rapport même du NIST, que "l'enquête s’est focalisée sur l’ordre des événements depuis l’instant où l’avion s’est écrasé jusqu’à l’amorce de l’effondrement de chaque tour", sans prendre en compte "le comportement structurel de la tour après que les conditions de déclenchement de l’effondrement ont été atteintes…". Autrement dit, le NIST n'a pas étudié l'effondrement des tours lui-même (rapide et symétrique), ni ce qui a pu être observé après (les flaques de métal fondu). Accablant.

Vous pouvez aussi visionner la conférence que Steven Jones donna à l'Université Brigham Young le 1er février 2006. Un bon article lui a été, par ailleurs, consacré ici. De nombreux documentaires (comme celui-ci, sans doute le plus complet) récapitulent enfin l'ensemble des points litigieux touchant les chutes des trois tours.

Remarques sur un troisième fait : des explosions ont été entendues par de très nombreux témoins dans les Twin Towers avant leur chute ; elles ont été enregistrées par Rick Siegel. Il semble même que l'explosion qui a été fatale à la Tour Nord ait été "filmée" par Etienne Sauret, dans son film WTC The First 24 Hours. Sa caméra, plantée sur un trépied, a en effet tremblé 12 secondes avant que la tour ne s'effondre. C'est visible sur Loose Change 2 Recut, à la minute 54'16. Mais j'aimerais surtout ici m'attarder sur l'explosion que William Rodriguez (entouré de plusieurs autres témoins) dit avoir entendue dans les sous-sols de la Tour Nord quelques secondes avant le premier crash (voir par exemple ici). On comprend aisément que, si cette explosion-là a eu lieu, à ce moment-là, elle n'a pas été causée par le crash et l'écoulement massif de kérosène jusqu'aux sous-sols de la tour via les cages d'ascenseurs (théorie officielle de la "boule de feu").

Il est entendu que les sous-sols ont été "dégradés" (ou "dévastés", selon les appréciations) ; des témoins en attestent, comme Mike Pecoraro, qui travaillait au 6e sous-sol de la Tour Nord ce matin-là. Lui et son collègue furent d'abord alertés par de la fumée blanche qui s'introduisait dans la pièce où ils travaillaient, ainsi que par une odeur de "kérosène", que Mike Pecoraro interpréta comme un possible incendie de voitures dans le parking qui se situait à un niveau supérieur dans les sous-sols. Les deux hommes décidèrent alors de monter au niveau C, dans un petit atelier de machines, où deux de leurs collègues étaient censés travailler. Ils ne les trouvèrent guère, dans cette pièce enfumée, dont Mike Pecoraro décrivit ainsi l'état : "There was nothing there but rubble" (des décombres). Et d'ajouter : "We’re talking about a 50 ton hydraulic press – gone !" (une presse hydraulique de 50 tonnes détruite). Les deux compères continuèrent leur périple vers le parking, et que découvrirent-ils ? Ecoutons Pecoraro : "There were no walls, there was rubble on the floor, and you can’t see anything". Dévastation est le mot qui convient. En montant encore d'un étage, au niveau B, les deux hommes furent surpris de voir une porte coupe-feu en acier et béton, pesant environ 150 kg, plissée "comme une feuille d'aluminium" et couchée par terre. Mike Pecoraro dit spontanément : "They got us again" (Ils nous ont encore eus), faisant référence à l'attentat de 1993 au WTC. Pecoraro avait alors été témoin de dommages similaires dans les structures du bâtiment. Sa conviction, sur le moment, fut qu'une bombe avait explosé. Il ne savait, certes, pas encore, à ce moment-là, ce qui se passait au-dessus de sa tête... (sources : ici ou pour l'original).

La question est simple : les gros dégâts constatés dans les sous-sols de la Tour Nord du WTC peuvent-ils avoir été causés par le kérosène de l'avion, qui aurait dégouliné jusque-là ? Le témoignage de William Rodriguez, s'il était juste, pourrait suffire à invalider cette idée. Rodriguez, qui se situait au premier sous-sol, assure, en effet, avoir d'abord senti sous ses pieds une énorme "explosion", avant d'en entendre une autre en hauteur quelques secondes plus tard (celle du crash). Bien sûr, William Rodriguez peut être un menteur, ou il peut tout simplement s'être embrouillé dans ses souvenirs... Comment savoir ? Y a-t-il eu des enregistrements, qui auraient pu capter les deux explosions ? Pour ma part, j'en connais deux.

Première source : le film des frères Naudet. Le premier crash se situe à la minute 19'35. On entend bien le bruit qu'il produit ; mais on n'entend rien, ni dans les secondes qui précèdent, ni dans les secondes qui suivent. Rodriguez aurait rêvé ? Deuxième source : l'enregistrement audio réalisé par Jenny Carr, lors d'une réunion d'affaires qui se tenait au 36e étage du One Liberty Plaza. Vous le retrouvez dans Loose Change 2 Recut, à la minute 42'42 ; Dylan Avery s'en sert justement pour introduire le témoignage de William Rodriguez. Car là, on entend bien deux explosions. Séparées de 9 secondes. Rodriguez aurait dit juste ? Pas sûr, et même peu probable. Car en écoutant bien, on se rend compte que la première explosion correspond très vraisemblablement... au crash de l'avion. Un site qui tente de démonter Loose Change présente, en effet, le même enregistrement, mais avec une qualité d'écoute bien meilleure, et l'on entend assez distinctement le premier "boum" précédé du bruit caractéristique d'un avion qui arrive. Il est, en revanche, difficile d'identifier la cause de la seconde explosion. L'enregistrement de Jenny Carr invalide-t-il définitivement le témoignage de Rodriguez, qui veut que la première explosion dans les sous-sols ait précédé le crash de l'avion ? Nous avons vu que l'enregistrement des frères Naudet avait laissé échapper la deuxième explosion ; il n'est pas exclu que celui de Carr en ait laissé échapper une troisième, qui plus est souterraine. Prudence.

Mais faisons comme si Rodriguez s'était trompé, et que la deuxième explosion, neuf secondes après le crash, était celle qui avait dévasté les sous-sols. L'hypothèse (officielle) de la "boule de feu" est-elle satisfaisante pour en rendre compte ? Cette hypothèse consiste à dire que du kérosène enflammé a descendu près de 300 mètres par les cages d'ascenseurs pour venir, au rez-de-chaussée, "souffler" les portes des ascenseurs et les vitres, détacher des marbres des murs, puis, au premier sous-sol, brûler Felipe David (l'homme "sauvé" par William Rodriguez), avant de détruire, encore plus bas, des murs, une porte de 150 kg, ou encore une presse hydraulique de 50 tonnes... Une "boule de feu" peut-elle faire tout cela ? Comme on a coutume de le dire : c'est aux experts d'en juger.

Je me permets tout de même de mettre en lumière deux objections qui ont été avancées contre cette hypothèse (pages 4 et 5 de ce document écrit par deux membres de "Scholars for 9/11 Truth") ; l'une à partir du témoignage de William Rodriguez, l'autre à partir de celui du Lieutenant Walsh. Walsh nous apprend d'abord que, dans le hall d'entrée du WTC1, on distingue les ascenseurs de l'aile gauche (ou nord) et ceux de l'aile droite (ou sud). Ils relient les plus hauts étages. Ces ascenseurs sont, à la connaissance de Walsh, restés intacts. Au milieu, on trouve des ascenseurs qui couvrent uniquement les étages inférieurs, précisément du 34e étage jusqu'aux sous-sols. Or, ce sont ces seuls ascenseurs qui, d'après Walsh, ont été endommagés. On a, dès lors, du mal à retracer le chemin de la "boule de feu" qui provenait du 94e étage (localisation de l'impact) - qui plus est, en 9 secondes... Quant à Rodriguez, il nous apprend qu'il n'existe qu'un seul ascenseur qui parcourt toute la hauteur de la tour jusqu'au plus bas niveau, et qu'au moment des explosions, l'opérateur M. Griffith était à l'intérieur de cet ascenseur, et qu'il a survécu sans subir la moindre brûlure. La "boule de feu" ne serait donc pas passée par là... Ces témoignages seraient, bien sûr, à confirmer.

Quatrième fait : les débris du Vol 93, minuscules pour la plupart, ont été retrouvés jusqu'à 12 kilomètres du lieu du crash (ici). Plusieurs témoins ont vu et/ou entendu l'avion peu avant qu'il ne s'écrase. Ils le décrivent volant à très basse altitude, de manière irrégulière, chancelant de droite à gauche, et ils parlent aussi d'une très puissante détonation. L'un de ces témoignages pourrait s'avérer particulièrement éclairant ; je le cite, tel qu'il est décrit sur l'excellent site collaboratif de journalisme civique "Center for Cooperative Research" (dont la partie consacrée au 11 septembre a été créée par Paul Thompson) : "Linda Shepley : She hears a loud bang and sees the plane bank to the side. She sees the plane wobbling right and left, at a low altitude of roughly 2,500 feet, when suddenly the right wing dips straight down, and the plane plunges into the earth. She says she has an unobstructed view of Flight 93’s final two minutes." Et le rédacteur de poursuivre par ce commentaire : "some passenger planes hit by missiles continued to fly erratically for several minutes before crashing. For instance, a Korean Airline 747 was hit by two Russian missiles in 1983, yet continued to fly for two more minutes." L'hypothèse du missile s'impose lorsque l'on sait que plusieurs témoins (dont un vétéran de l'US Navy) disent avoir entendu un bruit de missile précédant immédiatement une violente explosion. De nombreux autres témoins disent, par ailleurs, avoir vu, peu avant ou après le crash, un petit avion blanc volant à basse altitude aux abords du lieu du crash (ici ou ; voir aussi le témoignage vidéo de Susan McIlwain).

Ces éléments concourent à nous faire penser que le Vol 93 a été abattu. D'autant que le Vice-Président Cheney semble bien avoir donné l’ordre aux intercepteurs d’abattre cet avion (ainsi que tout autre avion manifestement détourné), même si l'heure à laquelle il donna cet ordre demeure incertaine. Une déclaration du pilote de chasse Daniel Nash, passée un peu inaperçue, va d'ailleurs dans ce sens : de retour à sa base, le 11 septembre, "he was told that a military F-16 had shot down a fourth airliner in Pennsylvania" (la citation se poursuivant, certes, de la manière suivante : "a report that turned out to be incorrect." C'est, en effet, à ce jour, la ligne officielle.).

Récapitulons : l'effondrement sur lui-même, et ultra-rapide, du WTC7 ; le métal fondu retrouvé dans les décombres des Twin Towers et du WTC7 ; les explosions entendues, en particulier dans les sous-sols de la Tour Nord, quelques secondes avant ou après le premier crash ; les minuscules débris du Vol 93 retrouvés jusqu'à une douzaine de kilomètres du point d'impact : tels sont donc les quatre faits que j'ai retenus, parmi tous ceux qui posent question. Car ces faits sont ceux qui peuvent apporter le plus clairement, s'il y a des anomalies à trouver, des preuves de ces anomalies. Des scientifiques devraient être capables de répondre de concert aux questions que ces éléments nous posent :

Compte tenu de la structure du WTC7, et des dégâts qui lui ont été causés le 11 septembre, ce building pouvait-il tomber naturellement (sans explosifs), et surtout, tomber de la manière dont il est tombé ?
Est-il possible que du métal fonde sous le seul effet d'incendies, sans le recours à une sorte de thermite ?
Une "boule de feu" a-t-elle pu descendre en une poignée de secondes toute la hauteur de la Tour Nord du WTC pour dévaster ses sous-sols ?
Un avion de ligne qui s'écrase encore entier (sans avoir été abattu en plein vol), peut-il s'éparpiller en une multitude de "confettis" sur près de 12 kilomètres ?

Concernant les deux premières questions, un scientifique comme Steven Jones répond catégoriquement "non". On aimerait que d'autres scientifiques s'invitent dans la conversation et discutent les arguments de Jones. Idem pour les deux autres questions.

Etape suivante et prochain article : les nombreuses coïncidences qui jalonnent l'histoire du 11 septembre...
Par Taïké Eilée
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Mercredi 18 octobre 2006
1. L'art de la (non-) conversation



Un mois après la commémoration des attentats du 11 septembre, un mois après avoir moi-même déploré sur AgoraVox le silence des grands média concernant les remises en question citoyennes d'une histoire officielle pleine de trous et d'ombres, je crois bon d'administrer cette "piqûre de rappel". Internet se prête à merveille au traitement de l'actualité la plus chaude, mais aussi, grâce à son espace immense, incomparable à celui des autres média, à un traitement intempestif de l'actualité ; loin de l'impératif quotidien du nouveau et du chaud, l'exigence du ruminé, du retour sur le refroidi, surtout lorsqu'il concerne des sujets aussi importants que le 11 septembre.

Je vous propose donc un retour en quatre temps (à travers quatre articles) sur ce sujet définitivement brûlant, malgré cinq années d'étouffement. Pour commencer, une petite réflexion sur la "
conversation" qui s'est établie (ou non) autour du 11 septembre, et qui s'achève sur une sorte d'éthique de la conversation que je me propose à moi-même. Ensuite, je reviens sur l'essentiel des points qui, malgré toute ma prudence, ne cessent de soulever ma suspicion ; je les ai distingués selon trois catégories : faits, coïncidences, et mensonges.



Le cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre a mis en évidence - plus que jamais - l'existence de deux mondes médiatiques : le monde des média traditionnels et celui d'Internet. Dans le premier monde, nul débat sur le 11 septembre ; la thèse officielle est admise. Dans le second, les débats brûlants pullulent ; et les thèses "conspirationnistes" triomphent globalement.

L'occasion pour d'aucuns de pointer du doigt les dangers d'Internet, et notamment du "journalisme citoyen", où chacun peut informer tous les autres, mais aussi les désinformer avec la plus grande facilité. Cette liberté nouvellement acquise est investie par une masse considérable d'individus, le plus souvent de bonne volonté et bien intentionnés, mais qui, à leur corps défendant, de par leur ignorance, peuvent propager le faux. Alors que le journalisme s'était construit contre la rumeur, Internet lui redonne vie et force, il en est comme le royaume. L'idée n'est pas neuve. Toute innovation est à double tranchant ; l'information sur Internet a son côté noir, la rumeur galopante, mais aussi son côté lumineux : la libre conversation, la correction permanente (de tous par tous), et, au final, l'auto-régulation. Cette ouverture potentielle à tous, ce bannissement de la censure, ces échanges généralisés, aussi risqués soient-ils, n'ont pas de prix. Ils sont beaux et dangereux, comme l'est la liberté.

Revenons au cas emblématique du 11 septembre. Pourquoi alimente-t-il autant d'échanges et de controverses sur le Net ? D'abord, parce que l'événement fut énorme (la première puissance du monde attaquée en plein coeur, sur son sol, aux points stratégiques et symboliques les plus forts), impensable même pour le commun des mortels jusqu'à ce qu'il survint, et, de surcroît, incroyablement spectaculaire (avec cette apocalypse au milieu des sublimes gratte-ciel de Manhattan). Face à un tel choc, chacun voulut comprendre, à la fois le comment et le pourquoi, il voulut, pour maîtriser sa peur, saisir dans le détail ce qui s'était passé, et il exigea (dans la mesure du possible) des réponses précises et sérieuses de la part de ceux qui étaient chargés de l'informer. Le désir de compréhension fut hypertrophié - "jusqu'au déraisonnable", diront ceux que ce désir ulcère - par l'ampleur du désastre, par cet impensable qui se réalise et impose à la réalité de nouveaux contours, nous rappelant, si nous l'avions oublié, que le pire n'a aucune limite et que nous sommes à tout moment sous sa menace. Or, précisément, le travail d'information incombant aux grands média ne fut jamais à la hauteur de ce que cet événement hors norme réclamait.

Une fois le traumatisme des premiers mois quelque peu digéré, certains citoyens retrouvèrent leur capacité à réfléchir sur ce jour maudit et commencèrent à se heurter à des bizarreries, des incohérences, des invraisemblances dans la version qui leur était donnée des événements... des choses "troublantes". On leur rétorqua parfois que leur bon sens avait beau être troublé par ceci ou cela, ils n'étaient pas aptes à juger par eux-mêmes de choses aussi complexes (ce qui n'est pas forcément faux) et que des experts le feraient plus opportunément à leur place.

Aux Etats-Unis, une commission nationale rendit son rapport le 22 juillet 2004, qui aurait dû clore le débat, mais qui, au final, le raviva. En effet, le rapport ne faisait pas - loin de là - l'unanimité. Des éléments majeurs comme l'effondrement de la tour 7 du World Trade Center, ainsi que les "wargames" qui apportèrent la confusion le matin du 11 septembre y étaient, notamment, complètement occultés. La commission était, en outre, critiquée pour son manque d'impartialité. Pour exemple, Philip D. Zelikow, son directeur exécutif, avait des liens étroits avec Condoleezza Rice, avec laquelle il avait oeuvré à la réorganisation du Conseil de sécurité nationale, et aussi co-écrit un livre. Il avait aussi été le président d'un "think tank" qui comptait parmi ses membres, outre Rice, Dick Cheney et Paul Wolfowitz. Une frange de l'opinion ne fut donc pas apaisée par les conclusions de cette commission et se mit à démonter avec acharnement la "théorie officielle", se risquant même parfois à élaborer de véritables théories alternatives.

Certaines d'entre elles étaient si farfelues qu'elles discréditèrent tout le mouvement de questionnement "citoyen" touchant au 11 septembre. Les média traditionnels ne se firent pratiquement pas l'écho de ces remises en question (en France encore moins qu'ailleurs). Leur seule réaction fut d'assimiler, sans réserve et sans nuances, tous les "sceptiques" à des "révisionnistes" ou des "négationnistes" (avec le parfum nauséeux qui accompagne ces termes infâmants), réunis sous l'effigie "diabolique" de Thierry Meyssan. Avec un tel traitement expéditif (et justement expéditif : on n'a pas à discuter avec le Diable), le débat sur le 11 septembre pouvait ainsi se clore, sans avoir été ouvert, avec, en prime, la bonne conscience de ceux qui savent qu'ils sont dans le bon camp (comme ici, où le journaliste semble traiter tous les "sceptiques" d'insensés et stigmatise leur irrationalité ou, au contraire, leur excès de rationalité. Pour ma part, je crois que l'on peut mal utiliser sa raison - comme Thierry Meyssan quand il croit pouvoir prouver qu'aucun avion ne s'est crashé sur le Pentagone -, mais jamais trop.).

Insuffisances de la version officielle et silence des grands média : telles furent donc les deux sources qui nourrirent les "dissidents" (terme neutre qui désigne ceux qui ne se contentent pas de la version officielle actuelle). Leur incrédulité put être renforcée par le souvenir des affaires qui entachèrent et discréditèrent encore récemment le journalisme professionnel ; aux Etats-Unis : affaires Jayson Blair, Jack Kelley, Dan Rather, propagande mensongère de la plupart des média américains au moment de la dernière guerre en Irak ; en France : affaires Patrice Alègre, du bagagiste d'Orly, des "pédophiles" d'Outreau, de Marie L. et de sa soi-disant agression à caractère antisémite dans le RER D, etc. Les "dissidents" se souvinrent aussi peut-être des manipulations (supposées ou avérées) dont avait déjà fait preuve par le passé le gouvernement américain pour rentrer en guerre : Pearl Harbor, Golfe du Tonkin, "Opération Northwoods" (lire le document original ou ceci), témoignage mensonger de la fille de l'ambassadeur du Koweit aux USA et mensonges de Colin Powell avant la première guerre d'Irak, armes de destruction massive imaginaires pour la deuxième guerre d'Irak, etc. La suspicion se développa ainsi naturellement à l'occasion des attentats inouïs du 11 septembre.

Sur Internet, se mirent en place deux camps, l'un défendant la version officielle, l'autre la critiquant. Combat rude, souvent poli, mais néanmoins violent. Guerre de tranchées, menée à coups d'arguments le plus souvent, mais aussi à coups de sarcasmes et d'injures. Radicalisation. Intolérance. Haine parfois. On put dire avec raison que les affrontements autour du 11 septembre ressemblaient à ceux qui auraient pu opposer des croyants fervents à des athées militants. Nouvelle guerre de religion par souris et claviers interposés. Communication de plus en plus impossible. Dialogue de sourds. Chacun campé sur ses positions, comme un bigorneau sur son rocher, ne voulant pas faire le plaisir à son adversaire de lui laisser récupérer le moindre bout de terrain. Et la passion la plus virulente qui agite le sang de toutes parts. Bientôt, ce n'est plus la vérité qu'on défend ; c'est son honneur, c'est son orgueil. Il ne s'agit plus de penser ensemble ; il s'agit de triompher de l'autre, de l'écraser, de lui faire sentir sa défaite. Aveuglement de celui qui a ses convictions bien ancrées, et qui ne peut plus s'en détacher.

Sur ce champ de bataille stérile, je me place sous le patronnage d'un sage, d'un amoureux de la conversation, Montaigne : "Quand on me contrarie [contredit], on esveille mon attention, non pas ma cholere ; je m’avance vers celuy qui me contredit, qui m’instruit. La cause de la verité devroit estre la cause commune à l’un et à l’autre. […] Je festoye et caresse la verité en quelque main que je la trouve, et m’y rends alaigrement, et luy tends mes armes vaincues, de loing que je la vois approcher." (Essais, III, 8 "De l'art de conferer") Qui est capable d'un tel état d'esprit ? Qui est capable de débattre, non pas pour imposer son idée, mais pour approcher de celle qui est vraie ? Qui est capable d'apprécier la contradiction qu'on lui apporte, de la considérer en mettant son amour-propre de côté, et, le cas échéant, de reconnaître sans honte et même avec bonheur son erreur, car cette reconnaissance aura été profitable au vrai, qui doit être "la cause commune" ? A chacun d'y répondre pour soi-même.

J'essaie, quant à moi, de me placer sur une ligne de crête difficile à suivre, entre ceux qui savent que la théorie officielle est vraie et ceux qui savent qu'elle est fausse et que telle autre théorie alternative est vraie. Cette position, qui consiste finalement à suspendre son jugement devant l'absence de certitude, est inconfortable. Chacun préfère se reposer dans la certitude. Chacun veut affirmer ses convictions. Chacun veut pouvoir conclure. Cadenasser une bonne fois pour toutes le discours. En prétendant chercher le vrai, nous recherchons bien souvent, en vérité, la paix de l'âme, et aussi un moyen d'affirmer notre puissance. Le vrai chercheur du vrai (si j'ose dire) accepte de ne pas avoir l'esprit tranquille sur tel ou tel sujet complexe, et ne pense jamais la vérité comme sa possession.

Cette posture idéale n'est, certes, dans la pratique, pas tenable très longtemps, chacun se laissant entraîner par des mouvements passionnels et obéissant au besoin irrépressible d'avoir une "conviction intime" (ou croyance), en guise d'oreiller douillet à ses états d'âme. Chacun ne peut s'empêcher de croire quelque chose, une version des faits plutôt qu'une autre, alors même qu'il doit reconnaître, s'il est honnête, qu'il n'a pas suffisamment d'éléments pour savoir. Chacun a donc son intime conviction, qui ne doit cependant pas l'empêcher de garder intact son pouvoir de penser contre lui-même, contre la croyance confortable qu'il s'est, presque malgré lui, forgée.

Je vais tenter de m'appliquer cette noble règle à moi-même dès maintenant, en rectifiant un argument que j'avais avancé dans mon précédent article, et qui s'est avéré fallacieux. Je faisais mention du témoignage de Mike Walter au sujet du crash du vol 77 sur le Pentagone. Ce journaliste déclarait avoir bel et bien vu un Boeing, mais en précisant que c'était "comme un missile de croisière avec des ailes". Ce témoignage m'apparut, dans un premier temps, susceptible de remettre en question la version officielle. Et puis, en réécoutant la confession de Mike Walter sur CNN, je me rendis bien compte que je n'avais pas affaire à quelqu'un qui remettait en question la version officielle. Quelque chose ne collait pas. J'émettais l'hypothèse que Walter avait parlé de missile pour décrire de manière imagée la trajectoire de l'avion et la très basse altitude à laquelle il volait. Je repris alors ma recherche et ne tardai pas à trouver ma réponse. Sur un site conspirationniste pur jus, celui consacré au livre de Thierry Meyssan, le Pentagate ! Voici ce que j'y lis (ici) : Mike Walter "s'explique sur le premier témoignage qu'il avait accordé à CNN dans lequel il déclarait «c'était comme un missile de croisière avec des ailes». Il a, en réalité, eu recours à une métaphore car pour lui, ce jour-là, ce jet commercial «était comme un missile ou une bombe puisqu'il était utilisé pour tuer des gens». Mike Walter s'emporte légèrement lorsqu'on essaie de mettre à l'épreuve ce qu'il a vu. Il est catégorique. «Ce n'était pas un missile, ce n'était pas une bombe, c'était un avion de ligne American Airlines et je l'ai vu foncer dans le Pentagone»." Il est dès lors étonnant de voir le témoignage tronqué de Mike Walter figurer encore sur un autre site conspirationniste, Asile.org (ici), qui n'est autre que celui de Raphaël Meyssan, le fils de Thierry Meyssan... Problème de mise à jour ou de malhonnêteté incurable ?

Cette rectification est pour moi déterminante. Le témoignage de Mike Walter était le seul, à ma connaissance, qui semblait suggérer qu'un missile avait été vu. Des témoins simplement auditifs ont, certes, dit avoir entendu un bruit strident, comme celui d'un missile ou d'un avion de chasse. Un seul autre témoin (Steve Patterson) a dit avoir vu un avion ayant "une contenance de 8 à 12 personnes" ; mais ce témoin était positionné à plusieurs kilomètres de la scène du crime, ce qui réduit la portée de son observation. Cela pèse finalement bien peu face aux nombreux témoignages visuels qui décrivent un gros avion de ligne. Je n'ai pris connaissance de ces témoignages que récemment, sur le site d'Eric Bart (plus précisément ici). L'idée qu'aucun Boeing n'a frappé le Pentagone me paraît aujourd'hui dépassée et quasiment insoutenable. D'aucuns continueront à arguer que le trou fait dans le bâtiment était trop petit... D'après Jean-Pierre Desmoulins, un ingénieur de formation qui a largement étudié la question (ici), les dégâts ne sont pas anormalement faibles. Le trou (un carré d'environ 6 mètres de côté) correspond à la dimension de la carlingue d'un Boeing 757 ; quant aux ailes, elles se seraient en partie repliées.

Signalons que Jean-Pierre Desmoulins conteste tout de même la version officielle. Selon lui, l'avion a été commandé à distance (l'hypothèse de la prouesse technique réalisée par Hani Hanjour, le pilote présumé, ne lui paraît pas crédible) ; il avance aussi l'idée qu'une charge explosive était disposée à l'avant de l'appareil. Pour mieux découvrir ses travaux, vous pouvez écouter une excellente émission de radio à laquelle il a participé le 11 septembre 2006 en compagnie de deux membres du site REOPEN911.info. Ça dure 5 heures, mais c'est passionnant.

Cette rectification faite, et ma posture anti-dogmatique affichée et revendiquée, je peux en venir aux faits, coïncidences et mensonges qui suscitent mon trouble (et celui de millions d'observateurs à travers le monde). Prochain article : des faits têtus...
Par Taïké Eilée
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Vendredi 30 mars 2007

Article publié sur AgoraVox le 26 mars 2007

 

Les remises en question de l'histoire officielle du 11 septembre sont, pense-t-on parfois, le fait exclusif d'internautes désoeuvrés et sans aucune crédibilité. En réalité, elles sont aussi largement portées par des experts. Ces prises de position éclairées ne devraient laisser personne indifférent.

 

Un site Internet, Patriots Question 9/11, recense les contestations de près de 90 personnalités, officiers supérieurs de l'armée des Etats-Unis, agents du renseignement, hommes politiques américains et du monde entier, et même, membres de la Commission d'enquête sur le 11 septembre. Sans oublier celles de près de 120 professeurs d'université, philosophes, historiens, politologues, juristes, économistes, mathématiciens, physiciens, chimistes, ingénieurs, etc. Autant de personnalités qui peuvent se prévaloir d’un statut, d’une autorité, et dont les mots pèsent du lourd poids de leur expertise reconnue. Etat des lieux - non exhaustif - de ces contestations «autorisées».

Mensonges et omissions face à la Commission

Thomas Kean et Lee Hamilton sont, respectivement, les président et vice-président de la commission qui a enquêté sur les attentats du 11 septembre 2001. Cette commission a rendu un rapport le 22 juillet 2004, qui fixe ce qu'il convient d'appeler l'histoire officielle du 11 septembre. En août 2006, les deux hommes sortent un livre, Without Precedent : The Inside Story of the 9/11 Commission, qui raconte les coulisses de l'enquête. On y apprend, avec stupéfaction, que tous les témoignages apportés par les agents de la FAA [Federal Aviation Administration] et du NORAD [North American Aerospace Command], au sujet de la non-intervention des chasseurs durant l'attaque, se sont avérés faux : «All of the after-action reports, accident investigations and public testimony by FAA and NORAD officials advanced an account of 9/11 that was untrue» (Washington Post du 4 août 2006).

Il semble même que l'on puisse parler de tromperie délibérée de la part du Pentagone, selon le Washington Post du 2 août 2006 : «The Pentagon's initial story of how it reacted to the 2001 terrorist attacks may have been part of a deliberate effort to mislead the commission and the public... [...] "We, to this day, don't know why NORAD told us what they told us", said Thomas H. Kean, the former New Jersey Republican governor who led the commission. "It was just so far from the truth."» Tromperie qui avait déjà été dénoncée durant une audience du Congrès, le 31 juillet 2004, par le sénateur Mark Dayton : "They [NORAD] lied to the American people, they lied to Congress and they lied to your 9/11 Commission. [...] For almost three years now NORAD officials and FAA officials have been able to hide their critical failures that left this country defenseless during two of the worst hours in our history."

Un fâcheux oubli

En septembre 2006, le journaliste Bob Woodward révèle que, le 10 juillet 2001, le directeur de la CIA de l'époque, George Tenet, accompagné de son directeur du contre-terrorisme, Cofer Black, a rendu visite à la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice à la Maison Blanche, pour l'informer d'une attaque d'Al-Qaida imminente. Le 10 juillet 2001... c'est-à-dire le jour même où un agent du FBI faisait parvenir à son quartier général le fameux "Phoenix Memo", qui avertissait de "la possibilité d'un effort coordonné" par Ben Laden pour envoyer des étudiants aux Etats-Unis fréquenter des écoles d'aviation... Rice aurait, semble-t-il, négligé l'alerte de ses visiteurs. Les trois personnages, pourtant interrogés par la Commission, à la fois en privé et en public, et tenus de dire la vérité, témoignant sous serment, ont "oublié" de parler de cette rencontre, qui aurait suscitée, si elle avait été connue, de très nombreuses questions de la part des enquêteurs.

Peter Rundlet, conseiller pour la Commission, dénonce avec colère, le 30 septembre 2006, cette dissimulation et s'interroge gravement sur ce silence : «Was it covered up ? It is hard to come to a different conclusion. [...] At a minimum, the withholding of information about this meeting is an outrage. Very possibly, someone committed a crime. And worst of all, they failed to stop the plotUn membre de la Commission, Timothy Roemer, se dit, quant à lui, profondément perturbé et même furieux de cette omission : "I'm deeply disturbed by this. I'm furious." (New York Times du 1er octobre 2006)

Rendez-vous dans un siècle

Dans une interview accordée à CBC News le 21 août 2006, Lee Hamilton déplore les très mauvaises conditions dans lesquelles l'enquête a dû être menée : démarrage tardif, manque de temps et de moyens, résistance de certains, difficulté à accéder aux documents et aux gens... La Commission, confrontée à tant d'obstacles, était, selon lui, vouée à l'échec. Un échec programmé.

Hamilton reconnaît que la Commission n'est pas parvenue à établir toute la vérité, et prédit que l'on enquêtera sur le 11 septembre durant encore un siècle : «I don’t believe for a minute that we got everything right. We wrote a first draft of history. [...] People will be investigating 9/11 for the next hundred years in this country, and they’re going to find out some things that we missed here

Les membres de la Commission eux-mêmes reconnaissent qu'ils ont été trompés, qu'on leur a menti ou qu'on ne leur a pas tout dit, que leur travail est donc incomplet et défaillant. D'autres avis, extérieurs à la Commission, vont dans le même sens. Paul Hellyer, ancien ministre canadien de la Défense nationale, regrette la superficialité de l'enquête et son manque de transparence. Raymond McGovern, ancien analyste de la CIA durant 27 ans, estime qu'il y a bel et bien eu dissimulation, et que le rapport de la Commission n'est rien moins qu'une "blague" : "I think at simplest terms, there’s a cover-up. The 9/11 report is a joke." Steve Elson, ancien agent spécial de l'US Navy, de la DEA [Drug Enforcement Administration] et de la FAA, va, quant à lui, jusqu'à accuser la Commission de trahison, pour ne pas avoir dit tout ce qu'elle avait appris : «"I'd give the commission a 'D' for investigating the FAA", he declares. [...] "The commissioners knew a lot more than they included in the 9/11 report", he says. "They sold out.

Une histoire officielle "impossible"

L'histoire officielle semble bien ne pas pouvoir tenir la route, si l’on se fie aux doutes émis par le colonel Ronald Ray, héros de la guerre du Vietnam et ancien adjoint du Secrétaire à la Défense sous Ronald Reagan : "I'm astounded that the conspiracy theory advanced by the administration could in fact be true and the evidence does not seem to suggest that's accurate." Le lieutenant-colonel Robert Bowman, retraité de l'US Air Force, prend encore moins de réserves, assimilant l'histoire officielle à un "tas de sottises" : "The official story, the official conspiracy theory of 9/11 is a bunch of hogwash. It’s impossible." Même jugement pour le capitaine Gregory Zeigler, ancien agent du renseignement dans l'US Army. Catherine Austin Fitts, assistante du secrétaire au Logement de la première administration Bush, n'hésite pas à dire (dans cette interview du 9 septembre 2004, à la 52e minute) : "The official story could not possibly have happened... It’s not possible. It’s not operationally feasible..."

Quant à Philip Berg, ancien procureur général adjoint de Pennsylvanie, il parle sans détours de "mensonge" : "The official story of what actually took place on 9-11 is a lie." Giulietto Chiesa, membre italien du Parlement européen, affirme enfin sans ambages, le 18 novembre 2005, que l'histoire qu'on veut nous imposer - via les médias - est complètement fausse : "Four years ago, an enormous media event changed the course of the world. Billions of people were given only one explanation for that, which is entirely false. Therefore everyone who dares to question it is treated as if he was a fool. […] Media are silent. I believe you know what event I am speaking of ; September 11." Des médias silencieux. Des esprits critiques traités de fous - et ainsi réduits au silence. Tel est bien le tableau actuel.

Penchons-nous maintenant sur des éléments plus concrets, sur des remises en question plus ciblées de l'histoire officielle du 11 septembre. Commençons par l'effondrement des tours.

Des tours dynamitées ?

Beaucoup ont déjà entendu parler de l'opinion émise par Danny Jowenko, ce spécialiste néerlandais de la démolition contrôlée. Lorsqu'une équipe de télévision vint le voir pour lui faire visionner la chute de la tour 7 du World Trade Center, dont il n'avait d'ailleurs jamais entendu parler (le rapport de la Commission n'en faisant lui-même pas mention), son jugement fut sans appel : c'était pour lui une démolition contrôlée. Nul doute dans son esprit (voir cette vidéo : version courte sous-titrée en français, ou version longue sous-titrée en anglais).

D'autres personnalités influentes ont rejoint cet avis, pour parfois l'étendre aux deux autres tours, aux Twin Towers. Ainsi, Paul Craig Roberts, secrétaire-adjoint au Trésor dans l'administration Reagan, déclare avec assurance, le 16 août 2006, qu’il n'est pas pensable qu'un immeuble, en particulier s’il est doté de colonnes en acier, s'effondre à la vitesse de la chute libre... de manière tout à fait naturelle : "We know that it is strictly impossible for any building, much less steel columned buildings, to "pancake" at free fall speed. Therefore, it is a non-controversial fact that the official explanation of the collapse of the WTC buildings is false." Pour le lieutenant-colonel Karen Kwiatkowski, qui a travaillé auprès du directeur de la NSA [National Security Agency] et dans l'Air Force durant 20 ans, l'effondrement des tours du WTC viole, ni plus ni moins, les lois de la probabilité et de la physique : "It is as a scientist that I have the most trouble with the official government conspiracy theory [...]. The collapses of the World Trade Center buildings clearly violate the laws of probability and physics."

David Griscom, chercheur en physique et membre de la Société de Physique américaine, salue, quant à lui, le travail de David Ray Griffin, l'un des leaders du mouvement Scholars for 9/11 Truth, qui affirme que des explosifs ont été utilisés : "This scholarly work [...] includes [...] pieces of evidence that the World Trade Center towers 1, 2, and 7 were brought down by explosives." Même conviction chez William Christison, ancien officier du renseignement national, membre de la CIA durant 28 ans, où il a notamment dirigé le Bureau de l'Analyse régionale et politique. Robert David Steele, officier du renseignement durant 20 ans, notamment à la CIA, se focalise sur le WTC 7 et affirme, de manière tout à fait catégorique, le 27 octobre 2006 : "I'm absolutely certain that WTC 7 was brought down by controlled demolition [...]. There's no way that building could have come down without controlled demolition."

Un Boeing dans le Pentagone ?

Plus surprenantes peuvent paraître les mises en doute sur ce qui s'est passé au Pentagone. Même si aucun film n'a jamais été diffusé par les autorités américaines, qui prouve le crash d'un Boeing, des témoins existent, qui ont décrit l'arrivée et le crash d'un gros avion de ligne. Ceci n'empêche pas le colonel George Nelson, retraité de l'US Air Force, où il a travaillé durant 34 ans, notamment en tant qu'enquêteur sur les accidents d'avions, d'afficher de très sérieux doutes : "With all the evidence readily available at the Pentagon crash site, any unbiased rational investigator could only conclude that a Boeing 757 did not fly into the Pentagon as alleged." Le commandant Douglas Rokke, retraité de l'US Army, va plus loin ; il est convaincu que c'est un missile qui a frappé le Pentagone, arguant de la petite taille du trou fait dans le bâtiment et de la nature des dégâts causés.

Le capitaine Russ Wittenberg, ancien pilote de chasse de l'US Air Force, et pilote de ligne durant 35 ans pour Pan Am et United Airlines, est tout aussi catégorique. Il est, selon lui, impossible qu'un Boeing ait pu effectuer une trajectoire aussi complexe et précise que celle réalisée par l'engin qui a frappé le Pentagone : "There was absolutely no possibility that Flight 77 could have "descended 7,000 feet in two minutes, all the while performing a steep 270 degree banked turn before crashing into the Pentagon's first floor wall without touching the lawn." Sans toucher la pelouse... Wittenberg ne croit pas qu'un pilote puisse prendre subitement les commandes d'un avion aussi difficile à contrôler pour le manier avec un telle aisance (comme un as du vol qu'Hani Hanjour, le pilote présumé, n'était d'ailleurs pas) : "There is not one chance in a thousand". Invoquant le fait qu'on n'a pas retrouvé de débris de l'énorme Boeing 757 au Pentagone, il conclut que la cause de ces dégâts est probablement un missile.

Barbara Honegger, journaliste spécialisée dans les affaires militaires, évoque, dans un essai publié le 6 septembre 2006, l'utilisation d'un avion militaire, seul capable de déjouer le système de défense du Pentagone, de neutraliser ses batteries de missiles antiaériens, en émettant un signal "ami".

Dick Cheney... savait ? savait pas ?

Si c’est néanmoins le vol 77 d'American Airlines qui a frappé le Pentagone, peut-on croire que les autorités américaines ont été surprises par son crash, ne l’ont pas vu venir ? Selon le rapport de la Commission, le gouvernement n'a pas eu connaissance de la position du vol 77 avant 9h32 (soit 5 minutes avant le crash). Or, le témoignage de Norm Mineta, secrétaire au Transport entre 2001 et 2006, vient contredire cette version. Mineta, devant la Commission, a affirmé s'être rendu à 9h20 à la Maison Blanche, au Centre Présidentiel des Opérations d'Urgence (PEOC), et y a vu, vers 9h25, le vice-président Dick Cheney en discussion avec un assistant, qui venait régulièrement l'informer de la progression du vol 77 (de la distance qui le séparait encore du Pentagone ?) : "There was a young man who had come in and said to the vice president, "The plane is 50 miles out. The plane is 30 miles out." [...] "The plane is 10 miles out". On ne sait guère quand a commencé cet échange entre Cheney et son assistant. Quoi qu’il en soit, le vol 77 était repéré bien avant l’heure indiquée dans le rapport. Un rapport qui maintient, par ailleurs, que Dick Cheney n'est arrivé au PEOC qu'à 9h58 ! Un rapport qui, finalement, n’a pas intégré le témoignage, fort dérangeant, de Norm Mineta...

Après ces aspects "techniques" - chute des tours et crash sur le Pentagone -, il convient d'évoquer d'autres aspects fondamentaux de ces attentats, à commencer par leur financement.

Le scandale Mahmoud Ahmad & Omar Sheikh

La congressiste Cynthia McKinney a rappelé, le 18 août 2005, que nous ne savions toujours pas officiellement qui avait commis les attentats, ni qui les avait financés : "Nearly 4 years, and 2 wars later, we still have no official statement from the Bush administration on the specifics of who did it, who aided and financed them or what their origins are." Michael Meacher, ancien ministre britannique de l'Environnement, fait, lui aussi, remarquer (dans ce documentaire de la télévision néerlandaise, à 12min35) que l'enquête officielle n'a pas su déterminer qui a financé les attentats, tout en prétendant - ce qui est ahurissant - que cela n'a, au fond, pas grande importance [voir le rapport de la Commission, à la page 172]... alors qu'il va de soi que c'est un point absolument capital !


Cynthia McKinney pose la bonne question : "What about the terrorist Omar Said Sheikh ?" Les services secrets indiens sont, en effet, à l'origine d’une révélation stupéfiante : le chef des services secrets pakistanais (ISI), Mahmoud Ahmad, a transféré, en juillet 2001, 100 000 dollars au chef présumé des pirates de l'air du 11 septembre, Mohammed Atta, par l'intermédiaire de Omar Sheikh. Information donnée le 9 octobre 2001 par le Times of India, puis par de nombreux médias occidentaux (AFP, Wall Street Journal, London Times...), confirmée par Dennis Lormel, le directeur de la section financière du FBI. Quelques jours avant le début de la guerre en Afghanistan le 7 octobre 2001, Ahmad a été poussé à la démission, sous la pression des Américains. Depuis, il n'a fait l'objet d'aucune enquête, ni d'aucune poursuite, de la part du Pakistan ou des Etats-Unis (sources).

Michael Meacher s'étonne de cette absence de poursuite judiciaire, dans un article du Guardian du 22 juillet 2004 : "It is extraordinary that neither Ahmed nor Sheikh have been charged and brought to trial on this count. Why not ? [...] When Ahmed was exposed by the Wall Street Journal as having sent the money to the hijackers, he was forced to "retire" by President Pervez Musharraf. Why hasn't the US demanded that he be questioned and tried in court ?" Question lancinante, il est vrai, pour les esprits pas totalement endormis...

Le rapport de la Commission reste, quant à lui, parfaitement muet sur ces faits. Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche le 16 mai 2002, un journaliste indien interrogea Condoleezza Rice sur toute cette histoire ; la Secrétaire d'Etat écarta la question d'un revers de main, prétendant qu'elle n'en avait jamais entendu parler... (voir 9/11 Press For Truth à 68min05sec, ou encore ici). L'Asia Times, dans un article du 8 avril 2004, nous donne peut-être la raison de ce mutisme : "If Mahmoud was really involved in September 11, this means the Pakistani ISI - "the state within the state" - knew all about it. And if the intelligence elite in Pakistan knew it, an intelligence elite in Saudi Arabia knew it, as well as an intelligence elite in the US." Le grand public a-t-il jamais entendu parler de Mahmoud Ahmad depuis cinq ans et demi ?

L'énorme affaire Able Danger

Autre scandale, dont les Français n'ont, dans leur très grande majorité, jamais entendu parler : le 19 juin 2005, un article du Times Herald révèle l'existence d'une unité de renseignement militaire du nom de "Able Danger", placée sous l'autorité du Commandement des Opérations Spéciales de l'armée des Etats-Unis (SOCOM), qui avait, selon toute vraisemblance, repéré quatre des futurs kamikazes plus d'un an et demi avant le 11 septembre ; il s'agissait de Mohammed Atta, Marwan Alshehhi, Khalid Almihdhar et Nawaf Alhazmi. Les quatre hommes avaient été identifiés comme des membres d'Al-Qaida oeuvrant aux Etats-Unis, dans la cellule dite "de Brooklyn". Or, à en croire le rapport de la Commission d'enquête, Atta et Alshehhi étaient restés inconnus des services de renseignement jusqu'au jour des attentats.

L'affaire a été véritablement médiatisée grâce à l'intervention du représentant républicain du Congrès Curt Weldon, le 27 juin 2005, devant la Chambre des Représentants. L'homme tient ses informations du lieutenant-colonel Anthony Shaffer, qui prétend avoir été associé à l'unité de renseignement Able Danger. Ses allégations ont été confirmées le 22 août 2005 par Scott Philpott, un capitaine de la Navy (voir The New York Times, ou Fox News) ; selon ce dernier, "Atta was identified by Able Danger by January-February of 2000". Le 27 août 2005, c'était au tour d'une troisième source, James Smith - qui prétend avoir travaillé sur l'aspect technique de l'opération Able Danger -, de confirmer cette incroyable histoire (Fox News). Suite à leurs découvertes, les membres de l'unité Able Danger avaient recommandé au SOCOM que le FBI soit chargé de démanteler la cellule de Mohammed Atta ; mais les avocats du SOCOM leur avaient rétorqué que ces informations ne pouvaient pas être partagées avec le FBI.

Dans un article du Wall Street Journal du 17 novembre 2005, Louis Freeh, directeur du FBI entre 1993 et 2001, considère que ces faits sont les plus importants révélés depuis la fin de l'enquête officielle. Selon lui, les découvertes réalisées par Able Danger auraient dû permettre l'arrestation des membres de la cellule de Mohammed Atta. La Commission, de son côté, osa affirmer, en août 2005, que l'opération Able Danger n'était, à ses yeux, "pas historiquement importante". Ce qui conduit Freeh à s'interroger avec gravité sur la négligence de la Commission, dont il va jusqu'à remettre en cause la crédibilité : "This astounding conclusion [...] raises serious challenges to the commission's credibility and, if the facts prove out, might just render the commission historically insignificant itself."

"Laisser-faire" du gouvernement US ?

Tant d'anomalies dans l'enquête officielle font envisager à certains un "laisser-faire" des autorités américaines, qui avaient besoin de ces attentats pour justifier leur entrée en guerre au Moyen-Orient, leur implantation dans cette zone riche en pétrole, et, plus généralement, pour mettre en branle le plan du PNAC [Project for the New American Century], qui vise à assurer l'hégémonie mondiale des Etats-Unis au XXIe siècle.

Ainsi, pour Robert Bowman, "the very kindest thing we can say is that they were aware of impending attacks and let them happen". Pour Michael Meacher, "il est clair que les autorités américaines ont fait peu ou rien pour empêcher les événements du 11 septembre." Il rappelle qu'"au moins 11 pays ont averti à l’avance les Etats-Unis des attaques du 11 septembre." Pour John Loftus, ancien procureur fédéral américain et expert en terrorisme, la CIA et le FBI, avec la masse considérable d’informations dont ils disposaient, ne peuvent pas sérieusement se réfugier derrière leur prétendue incompétence pour rendre compte de leur défaillance.

Paul Craig Roberts affirme sans détours : "The 9/11 "terrorist attack" has been manipulated to serve a hegemonic agenda in the Middle East." Avis partagé par David Shayler, ancien officier du contre-terrorisme britannique (MI5), ainsi que par le lieutenant-colonel Stephen Butler, membre de l'US Air Force durant 24 ans : "Of course Bush knew about the impending attacks on America. He did nothing to warn the American people because he needed this war on terrorism." (New York Times du 4 juin 2002).

Complicités américaines ?

Certains envisagent même la complicité des autorités américaines avec Ben Laden. L’argument le plus volontiers mis en avant, c’est que Ben Laden n’aurait pas pu organiser - et surtout réussir - seul ces attentats. C’est l’opinion de Robert Baer, agent de la CIA durant 21 ans, spécialiste du Moyen-Orient, qui, dans une interview du 9 juin 2006, considère que l’idée d’un complot intérieur ("inside job") est tout à fait plausible. William Christison, membre de la CIA pendant 28 ans, se range aussi à cette idée.

D’autres voix, politiques, s’élèvent depuis cinq ans du monde entier, qui, sans accuser le gouvernement américain, refusent de penser que Ben Laden est le seul et même le principal responsable des attentats du 11 septembre. Mohamed Hassanein Heikal, ancien ministre des Affaires étrangères égyptien, affirmait ainsi le 10 octobre 2001, dans le Guardian, qu’Al-Qaida n’était pas en capacité de mettre en place une telle opération et de la garder secrète, rappelant que Ben Laden était sous surveillance depuis des années, et que son organisation était même infiltrée par les services secrets américains, pakistanais, saoudiens et égyptiens.

Andreas von Bülow, ancien secrétaire d’Etat (à la Défense) et ministre allemand, Horst Ehmke, ancien ministre de la Justice ouest-allemand, ou encore le général Leonid Ivashov, chef de cabinet des forces armées russes au moment des attentats, sont persuadés que des services secrets ont appuyé les opérations du 11 septembre. Quant à l’ancien Président de la République italienne, Francesco Cossiga, il soupçonnait, peu après les attentats, dans La Stampa, des complicités à l’intérieur du système de sécurité américain (page 36 de ce document).

Un fol espoir

Les
témoignages recensés dans cet article ne constituent qu'une infime partie de tous ceux que regroupe le site Patriots Question 9/11. La liste des experts contestataires de l'histoire officielle du 11 septembre s'allonge régulièrement, elle est en expansion continue.

Rien ne prouve, à ce jour, un laisser-faire ou une complicité des autorités américaines. C'est entendu. Mais il est tout aussi entendu que l'enquête officielle n'a pas su atteindre son but. Le vice-président de la Commission en personne nous promet même encore près d'un siècle de recherche avant d'aboutir - peut-être - à la vérité ! L'esprit critique quant à l'histoire officielle actuelle - reconnue non véridique par ceux-là mêmes qui l'ont faite, rappelons-le, rabâchons-le ! - est donc une attitude qui devrait être qualifiée de normale. Au lieu de cela, elle est jugée déviante, malsaine par la plupart de nos politiques et journalistes. Elle est diabolisée.

Une enquête réellement indépendante doit être ouverte, qui aura les moyens de ses ambitions. Sans doute les médias ont-ils un rôle à jouer pour faire pression sur les dirigeants de ce monde, qui auront à prendre cette lourde décision. Peut-être les citoyens doivent-ils alors commencer par faire pression sur les médias, en les sommant de retrouver leur vocation : la recherche de la vérité et sa diffusion. La passion des faits, rien que des faits.

Par Taïké Eilée
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