Dimanche 3 décembre 2006
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Kat Onoma est peut-être le meilleur groupe de rock français. Mené par le ténébreux et charismatique Rodolphe Burger (un ancien prof de philo...), il produit une musique absolument originale, sans concession, qui allie élégance, intimisme, sensualité, raffinement... vous accompagnant comme une douce obsession. Pour une excellente présentation du groupe, on peut aller voir par ici ; on y lira notamment ceci :
"A la débauche d’énergie et de décibels, les Strasbourgeois privilégient une forme d’hypnose : pas de solos virtuoses et de grands gestes, mais un jeu trouble et lancinant, une électricité ambiante, des silences aussi éloquents que des notes ; bref, la bande-son idéale d’une nuit d’été lorsque couve l’orage. Et, surplombant ce flot de haute-tension, la voix de Rodolphe Burger, au timbre chaud mais à la diction distante. Toute la magie de Kat Onoma peut être résumée par cette voix : chaleur organique et raideur expressive."
Ou encore :
"Des textes épurés à l’extrême, presque décharnés, obsédants (pour ne pas dire obsessionnels), posés par une voix tant solennelle que nonchalante sur une musique nerveusement élégante, au bord de l’électrocution : voilà les ingrédients fondamentaux de la recette Kat Onoma, mise en place dès les premiers concerts."
Commencez par vous poser cette bonne question : "Que sera votre vie ?", par exemple "quand l’air sera liquide, l’eau solide, la terre feu ?" Méditons avec Kat Onoma sur ces nombreuses et sérieuses éventualités...
Véritable perle de l'album Far from the pictures de 1995 : "La chambre", dont voici une bien belle description : "Comme s’il réalisait une peinture chinoise, le groupe trace la mélodie d’un trait aussi plein que léger, sans oublier de dessiner le vide et le silence tout autour. Rarement le minimalisme et l’ambiguïté auront fait aussi bon ménage, donnant naissance à un modèle de chanson intimiste, chanson d’automne en apesanteur entre la douceur et un érotisme voilé, abstrait. Le phrasé mi-parlé mi-chanté de Rodolphe Burger magnifie cette déambulation intérieure qui s’achève avec les soupirs mélancoliques de la trompette..."
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