Affaire Chauprade : le géopoliticien attaque Hervé Morin en justice

Publié le par Taïké Eilée

Le scandale est grand et pourtant il n’a pas fait de bruit... jusque-là. Un géopoliticien français de renommée internationale, Aymeric Chauprade, vient d’être démissionné de son poste d’enseignant au Collège interarmées de défense pour avoir présenté, dans son dernier ouvrage, les théories alternatives à la "version officielle" des attentats du 11 septembre 2001. Sous ce motif affiché, d’autres raisons, plus obscures, pourraient expliquer ce renvoi, décidé par le ministre de la Défense lui-même. Aymeric Chauprade a annoncé qu’il allait porter plainte contre Hervé Morin pour abus de pouvoir et promet de la bagarre...


Un CV impressionnant. Politologue renommé, Aymeric Chauprade est chercheur à l’université René Descartes et professeur de science politique à l’Université de Neuchâtel en Suisse. Depuis 1999 et jusqu’à ces derniers jours, il enseignait aussi au Collège interarmées de défense (CID), où, depuis 2002, il occupait la chaire de géopolitique. Chargé de cours de géopolitique à la Sorbonne, il dispense également des enseignements à l’École de guerre économique à Paris, au Collège des forces armées royales du Maroc à Rabat, à l’Institut supérieur de gestion, au Centre d’enseignement supérieur aérien de Paris et à l’école de gendarmerie de Maisons-Alfort. Directeur de collections depuis 1995, il a édité plus de 200 ouvrages, en mathématiques, sciences physiques, chimie, histoire, géographie et science politique, aux éditions Ellipses. Il est l’auteur (entre autre) de Géopolitique : Constantes et changements dans l’histoire, une référence. Fondateur et rédacteur en chef de la Revue française de géopolitique, il est aussi chroniqueur expert au Figaro.

Morin synchro avec Le Point. Aymeric Chauprade a été limogé du CID sur décision du ministre de la Défense Hervé Morin le 5 février 2009. Sa faute ? Avoir exposé, en introduction de son ouvrage, Chronique du choc des civilisations, les "théories du complot" autour du 11-Septembre, de façon, dit-on, complaisante. La décision du ministre de la Défense fait directement suite, selon Libération, à la publication le 4 février sur le site Défense ouverte du Point.fr, d’un article de Jean Guisnel dans lequel le journaliste, spécialiste des questions militaires et de renseignement, dénonce "Chauprade, l’homme qui forme les officiers et déforme l’histoire" (un bon titre assassin).

Jean Guisnel met lui-même en avant ce lien de cause à effet : "Le ministre français de la Défense Hervé Morin n'aura pas tardé à réagir à l'article du Point paru cette semaine pointant la complaisance apparente d'Aymeric Chauprade (...) vis-à-vis des thèses conspirationnistes relatives aux attentats du 11 septembre 2001. En arrivant sur le porte-avions Charles de Gaulle qui navigue au large de Toulon, Hervé Morin a déclaré jeudi au Point : "J'ai découvert un texte au travers duquel passent des relents inacceptables. Sur onze pages, on nous parle d'un complot israélo-américain imaginaire visant à la conquête du monde. Quand j'ai appris cela mardi soir, j'ai donné pour consigne au général Desportes, le directeur du Collège interarmées de défense, de ne pas conserver ce monsieur Chauprade dans son corps enseignant. Il n'a absolument rien à faire à l'École militaire." Une décision à valeur de renvoi pour Aymeric Chauprade." Hervé Morin a réagi tellement vite - mardi soir, c’est-à-dire le 3 février - qu’il a devancé la parution de l’article de Guisnel - le 4 février à 19h43 selon lepoint.fr - qui est pourtant censé être à l'origine de sa décision !

Interrogation coupable. "Ce qui pose problème, écrit Jean Guisnel, sous la plume de cet enseignant qu'on penserait enclin à une certaine rigueur, c'est qu'il conforte de son autorité "scientifique" ces théories complotistes qu'il ne conteste pas, avec lesquelles il ne prend pas de distance." Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret Défense de Libération, qui a interrogé Chauprade dès le 5 février et qui a lu les pages incriminées, assure de son côté que "les thèses complotistes sont présentées avec beaucoup de complaisance et surtout que l'auteur omet sciemment de présenter l'autre version des faits, qu'il qualifie de "version officielle", ainsi que les critiques des scénarios complotistes, que l'on peut découvrir en détail sur Rue89." Chacun pourra juger si le géopoliticien prend parti pour telle ou telle thèse ou garde au contraire ses distances ; des extraits de ces dix fameuses pages relatives au 11-Septembre (sur les 240 que compte l'ouvrage) sont en effet disponibles ici ou sur Internet.

Chauprade, pour sa part, dit exposer une "hypothèse qui ne manque pas d’arguments, à défaut de forcément convaincre", la replaçant "dans le contexte d’une Amérique hantée par le souvenir de l’assassinat de Kennedy et par les ambiguïtés de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, profondément marquée par la culture du complot […] et où la CIA a de lourds antécédents en matière d'opérations sous “faux drapeau”." Cela semble déjà trop... Suffisant pour que Rue 89 qualifie l'universitaire de "conspirationniste". 

Chauprade récuse fermement cette accusation : "Je présente la thèse [du complot américano-israélien], certes de manière avantageuse, mais sans la faire mienne. Je souhaitais mettre en opposition deux façons de voir le monde, sachant que la moitié de l'humanité pense que les attentats du 11 septembre sont le fruit d'un tel complot". S'il dit en effet ses doutes à Jean-Dominique Merchet, il se refuse à adhérer à quelque thèse que ce soit : "On a le droit de ne pas savoir (qui est à l'origine des attentats). Je ne suis pas convaincu par la version officielle. J'ai en effet présenté de manière crédible les thèses alternatives. Mais je donne la version officielle - que tout le monde d'ailleurs connait - dans une chronologie. J'ai des doutes importants, mais cela ne veut pas dire que je crois que les responsables sont des éléments des services américains ou israéliens. Je ne tire pas de conclusions, je m'interroge". Mais s'interroger semble déjà être devenu un péché.

Raisons cachées. Aymeric Chauprade soupçonne, derrière le motif de façade qui a servi à sa révocation (10 pages peu orthodoxes sur le 11-Septembre), d'autres raisons, plus profondes. On chercherait en réalité à écarter un représentant de la droite nationale, souverainiste, partisan d'une Europe indépendante, très hostile au courant néo-conservateur, au moment où la France s'apprête à rejoindre le commandement intégré de l'OTAN.

Dans un communiqué publié le 13 février, Chauprade affirme que "ses opinions politiques et ses convictions religieuses déplaisaient à Hervé Morin. Croyant plaire à l’entourage du Président de la République, monsieur Morin (...) n’a pas caché que sa décision avait été prise en considération de ce que monsieur Chauprade, de religion catholique, était critique à l’égard de la politique américaine". La veille, le géopoliticien affirmait au micro de Novopress : "On m'élimine pour ce que je suis, pour ce que je représente, pour ma liberté de ton". Une "élimination" qui était, selon lui, "programmée" depuis longtemps. Toute pensée géostratégique dissidente, toute vision non atlantiste de la Défense nationale française serait, à l'en croire, en passe d'être étouffée par "le petit clan qui, au coeur de la Défense défend des intérêts étrangers, essentiellement américains". Chauprade accuse un lobby de type "néo-conservateur" français d'être à l'origine de ses ennuis...

Des accusations qui rappellent étrangement celles de Richard Labévière... Le journaliste, renvoyé de RFI durant l'été 2008 pour un motif peu crédible (une interview de Bachar el-Assad réalisée sans l'aval de sa direction), avait alors dénoncé la tentative d’imposer une lecture néoconservatrice, américaine ou israélienne, des crises proche-orientales au sein de l’Audiovisuel extérieur de la France (RFI, France 24 et TV5 Monde), ainsi qu’une "orwellisation" de la presse française. Un même mouvement de mise au pas des dissidents serait-il à l'oeuvre aussi bien dans la presse que dans l'armée ?

Mauvaise droite. Bruno Larebière, journaliste à Minute, ne voit dans le motif du 11-Septembre qu'un prétexte : "Est-ce vraiment ce chapitre qui dérange ou d’autres ? Celui où il explique que l’Otan est « au service de la globalisation américaine » et que c’est pour cela que Washington veut y intégrer la totalité des Etats européens… Celui où l’on apprend, si on ne le savait pas déjà, que l’indépendance du Kosovo participe d’un « plan de déstabilisation des Balkans mis en oeuvre par les Etats-Unis ». Ou encore celui dont il ressort que si l’Iran est dans la ligne de mire, c’est parce qu’il est le seul obstacle « à la mainmise totale de Washington sur le Moyen-Orient ». Dans sa préface, Aymeric Chauprade distingue clairement l’Europe de l’Occident sous tutelle américaine. C’est sans doute là son véritable « crime »."

Le Bloc Identitaire s'est aussi exprimé - dans le même sens : "Par cette exécution sommaire, ce sont assurément les réserves formulées par Aymeric Chauprade sur le récent Livre blanc de la défense ainsi que ses prises de position alter-européennes et turco-sceptiques que le ministre-censeur a voulu sanctionner. (...) La révocation d’Aymeric Chauprade au moment même où Nicolas Sarkozy entend réintégrer pleinement la France dans le dispositif OTAN est un message clair pour tous ceux qui font de l’indépendance de la France et de l’Europe un combat."

Appel à la diversité. On remarque que Chauprade n'a reçu jusqu'ici que des soutiens médiatiques venant de la droite catholique, voire de l'extrême droite (Jean-Marie Le Pen lui-même s'est exprimé le 9 février - écouter à 8min20). Il serait sans doute bon que les défenseurs de la liberté d'expression se manifestent aussi à gauche, au centre et dans d'autres sensibilités de la droite... la droite nationale ayant en général mauvaise presse. Jean Guisnel, pour se payer la tête de Chauprade, avait d'ailleurs commencé son papier en rappelant son "casier judiciaire" : ses liens avec Philippe de Villiers, l'association Renaissance catholique, ou encore sa réserve quant à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne... autant de "casseroles" sans doute aux yeux du sniper du Point (qui n'omet d'ailleurs pas de relayer l'information selon laquelle Chauprade aurait été directeur de campagne de Villiers aux européennes de 2004 - info démentie par l'intéressé au micro de Radio Courtoisie, le 11 février). La défense de Chauprade dépasse tous les clivages politiques. C'est, pardonnez la grandiloquence, la démocratie qui est aussi un peu en jeu.

Justice. Convaincu d'avoir été écarté en raison de ses idées, Aymeric Chauprade a déclaré sur Radio Courtoisie qu'il poursuivra le ministre de la défense en justice pour discrimination. Dans un communiqué qu'il a publié le 13 février, il estime que le ministre de la Défense "a commis un acte de discrimination au sens des dispositions des articles 225-1 et 225-2 du Code Pénal qui punit de trois ans de prison le fait de sanctionner autrui pour ses idées" et "a manqué à ses devoirs de ministre, au mépris des principes élémentaires qui gouvernent notre droit public, notamment le droit au débat contradictoire".

De son côté, son avocat, Antoine Beauquier, a déclaré qu'il allait saisir la Cour de Justice de la République pour obtenir des sanctions à l’encontre du ministre de la Défense, mais aussi la juridiction administrative pour obtenir l'annulation d'une décision qui constitue selon lui un "excès de pouvoir". Une action devant la Cour européenne des droits de l'homme serait même envisageable. Aymeric Chauprade attaquera aussi Le Point pour diffamation, en raison du titre de l'article de Jean Guisnel, selon lequel il déformerait l'histoire.

Indignations. Chauprade aurait-il fait du prosélytisme durant ses cours qu'il mériterait assurément une sanction. Mais il n'en est rien. "Il n'a jamais fait de prosélytisme dans ces cours, n'a jamais exprimé sa vision du monde" assure le général Vincent Desportes, qui dirige le CID.

Si la décision de Morin choque en elle-même, sa brutalité choque encore plus. "On me coupe la tête, déclarait Chauprade, le 5 février, à Jean-Dominique Merchet. Je n'ai eu aucun contact avec le cabinet du ministre, qui n'a pas cherché à m'entendre avant de prendre cette décision à la suite de la parution d'un seul article". Le journaliste de Libération note : "La méthode dont use le ministre de la Défense pour se séparer de lui est (...) d'une grande brutalité, qui risque d'être très mal perçue chez de très nombreux officiers qui ont suivi ses cours. Des témoignages me remontent déjà. C'est exactement le contraire de l'effet recherché..." En effet, certains de ses élèves, des officiers d'environ 35 ans appelés à devenir de hauts cadres militaires, se sont élevés, dès l'annonce de son renvoi, contre ce qui s'apparente, à leurs yeux, à une "chasse aux sorcières" au nom de "la pensée unique".

Soutiens. Souhaitons que d'autres voix - aussi bigarrées que possible - se fassent entendre et que "l'affaire Chauprade" prenne toute la place médiatique qu'elle mérite.

Deux premières voix se sont récemment faites entendre, et elles sont prestigieuses : ce sont celles de l'écrivain et théoricien du cinéma Michel Mourlet et du président de l’Académie des sciences d’Outre-Mer et professeur émérite de science politique à l’université René Descartes Edmond Jouve. Jouve, d'abord, apporte son soutien chaleureux à celui qui fut l'un de ses plus brillants étudiants, et l'exhorte à garder courage : "Cher Aymeric, reprenez votre besace, et repartez de plus belle ! La Communauté scientifique a besoin de vous ! (...) Nous avons besoin de vos analyses même si elles ne sont pas toujours les nôtres (et les miennes !). Toutes les pensées uniques ont conduit le monde à des catastrophes ! Essayez, à votre façon, de nous en préserver." Il adresse aussi ce cri de révolte en direction du ministre censeur : "Mais - de grâce ! - qu’on nous laisse travailler en toute liberté ! Qu’on laisse se développer le débat ! Qu’on ne condamne pas “a priori”. C’est ainsi qu’a progressé l’Humanité !"

Quant à Mourlet, qu'il est utile de citer longuement, il se demande : "Mais où entend-on dans nos temps d’Occident, depuis que Lénine, Staline et Hitler ont cédé la place, une Parole Unique omniprésente qui s’arroge la fonction de décider de la vérité et de l’erreur, filtre à travers ses propres critères des carrières dévouées à la pensée, et qui peut exclure un beau matin de l’Académie des Sciences, de l’université où il enseigne, de l’Institut où son mérite l’a hissé, et par là même de tous les médias aux oreilles basses lui reniflant dans la main, un homme dont le seul tort est d’essayer de réfléchir par lui-même, à l’écart des rails obligatoires ? Où cela, Monsieur ? Pendant l’Inquisition espagnole ? Chez les mollah ? Chez les talibans ? Que non pas ! En France, Monsieur ! Et quand donc ? Sous Louis XIV ? Sous Robespierre ? Sous les Napoléons ? Sous Pierre Laval ? Non, Monsieur, non, sous Nicolas Ier. (...) " Mais, dira-t-on, cette Parole Unique, ou cette « Pensée d’État », pour qui, pour quoi s’exerce-t-elle ? On distinguait bien la finalité de Lénine, celle – presque opposée par son nationalisme – du Petit Père des peuples, celle du chancelier du Reich, mais que dissimulent ces lois et ukases d’un gouvernement assez délirant ou désemparé pour sanctionner un politologue qui tente de comprendre un événement encore brûlant, alors qu’on ne sait toujours pas vraiment, après des siècles d’études, pourquoi Cléopâtre a déserté la bataille d’Actium ?" Réponse : "Nous sommes devant un Pouvoir qui n’a plus de pouvoir que le nom. Nous sommes entre les mains de gens qui essaient de prolonger la fiction d’une autorité dont ils se sont laissé déposséder, en l’exerçant à l’encontre des derniers citoyens libres – et par conséquent vulnérables – pour complaire aux groupes de pression qui les tiennent en laisse (...). Voilà la réalité cachée derrière la sanction qui vient de frapper M. Aymeric Chauprade, dont je n’ai même pas lu les mots qui lui sont reprochés, dont j’ignore s’il raisonne juste ou s’il élucubre, mais dont j’imagine seulement que c’est un homme honnête, à la compétence reconnue, et qui a le droit imprescriptible, comme tout être doué de raison et de curiosité, de chercher à comprendre ce qui se passe autour de lui et de s’exprimer à ce sujet."

Jouve, pas plus que Mourlet, n'a lu le livre de Chauprade. L'enjeu ici, on l'aura compris, n'est pas le 11-Septembre en tant que tel, mais bien le droit de penser par soi-même, de chercher hors des sentiers battus, quitte à faire fausse route, et de communiquer ses pensées aux autres, sans risquer une sanction du pouvoir.

Parole à l'accusé. Depuis sa révocation, Aymeric Chauprade a eu l'occasion de s'exprimer de vive voix à deux reprises. D'abord dans un long entretien, puis dans une interview express. Les paroles précieuses d'un homme qu'on veut faire taire. A écouter d'urgence.

Radio Courtoisie, 11 février 2009 (extrait : 19 minutes)
Chauprade réaffirme ici clairement sa position vis-à-vis du 11-Septembre : "Je doute de la version officielle, (...) je n'adhère pas aux théories [alternatives], je les présente car je les trouve intéressantes". Il dit aussi que ses adversaires cherchent à l'"engluer dans le 11-Septembre" et à faire de lui "un complotiste". Il leur adresse ce message : "Qu'ils ne s'attendent pas à se que je me caricature moi-même, puisque c'est un jeu de l'adversaire, il veut toujours qu'on se marginalise davantage. Il faut rester sur une ligne d'analyse raisonnable et modérée, mais ferme et indépendante."

 

Novopress, 12 février 2009 (10 minutes)
"
Ce qu'attendent mes adversaires, c'est que je me caricature moi-même, que je me radicalise et que je me marginalise. C'est bien pour cela qu'ils ont choisi le 11-Septembre pour m'attaquer, alors que j'ai une démarche purement scientifique, celle du scientifique qui doute, qui expose des théories intéressantes, sans conclure, parce qu'il n'a pas encore les éléments suffisants pour conclure. Je resterai sur ma ligne scientifique, académique, et en même temps je suis un homme libre, je revendique le droit de penser, d'analyser. Qu'ils ne comptent pas sur moi pour m'enclaver, ce qui m'auto-éliminerait.
"

 
 
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Valeurs actuelles, 23 juin 2011 - Affaire Chauprade : Morin désavoué !

"Le tribunal administratif de Paris a rendu, le 1er juin, son jugement, défavorable au ministre de la Défense de l’époque, dans le cadre du procès l’opposant à Aymeric Chauprade, alors titulaire de la chaire de géopolitique à l’École de guerre. Ce docteur en science politique avait été accusé un peu vite de “conspirationnisme” à propos des attentats du 11-Septembre, au prétexte de quelques lignes dans son atlas Chronique du choc des civilisations. C’est à la suite d’un article du Point qu’Hervé Morin, contre l’avis de ses conseillers, l’avait évincé le 5 février 2009 de ses cours dans les écoles militaires. Après un premier référé-liberté gagné contre le ministre le 23 mars 2009, le tribunal administratif vient donc d’“annuler” la décision de Morin pour, notamment, « procédure irrégulière ». Reste à régler le préjudice moral et financier. Hasard du calendrier : Chauprade publiera en août une nouvelle édition de sa Chronique du choc des civilisations."

 
Publié sur AgoraVox et Yahoo! Actualités

 

Publié dans 11 septembre

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